12,8 millions face à un week-end très encombré

Forgotten Island termine son premier week-end nord-américain avec une estimation de 12,8 millions de dollars dans 3 548 cinémas. Le film se classe cinquième, derrière Avengers: Endgame Encore, Resident Evil, Heart of the Beast et Primetime. Avec une moyenne d'environ 3 600 dollars par cinéma, le nouveau DreamWorks a eu du mal à émerger au milieu d'un calendrier exceptionnellement dense.

Le chiffre est également inférieur à ce qu'envisageait le suivi avant la sortie. Fin août, Boxoffice Pro situait encore son démarrage nord-américain dans une fourchette de 20 à 30 millions de dollars. Le résultat du week-end s'établit donc nettement sous cette plage de prévision.

L'international ne suffit pas encore à renverser le tableau

À l'étranger, Variety rapporte 7,8 millions de dollars sur 34 marchés, pour un total mondial de 20,6 millions. Ce chiffre doit cependant être lu avec une précaution importante : Forgotten Island n'a pas encore ouvert dans plusieurs territoires internationaux majeurs. Son premier total mondial n'est donc pas celui d'un lancement simultané sur l'ensemble de ses marchés.

La marge de progression existe, mais elle devient nécessaire. Variety rapporte un budget de production de 80 millions de dollars. Le rapport entre ce coût et les 20,6 millions actuellement comptabilisés ne permet évidemment pas de conclure sur la rentabilité du film après un seul week-end, d'autant que recettes en salles et revenus du studio ne sont pas équivalents. Il suffit en revanche à rendre les prochaines semaines particulièrement importantes pour Universal et DreamWorks.

Un film original dans une industrie qui adore déjà connaître le titre

Forgotten Island n'arrive pas avec une franchise installée. DreamWorks présente le film comme une histoire originale écrite et réalisée par Joel Crawford et Januel Mercado, le duo issu de l'équipe de Puss in Boots: The Last Wish. H.E.R. prête sa voix à Jo et Liza Soberano à Raissa, deux amies de longue date qui découvrent un passage vers Nakali, une île peuplée de créatures issues des récits mythologiques philippins.

Le studio a construit l'aventure autour de leur amitié : pour quitter Nakali, les deux héroïnes risquent de sacrifier les souvenirs qui les unissent. Dave Franco, Jenny Slate, Manny Jacinto, Dolly de Leon, Jo Koy, Ronny Chieng et Lea Salonga complètent la distribution vocale.

La mythologie philippine au centre du projet

Ce cadre n'est pas un simple habillage exotique. Reuters souligne la place centrale accordée au folklore philippin dans le film, notamment à travers le Manananggal. Crawford et Mercado ont puisé dans des récits et influences liés à la culture philippine, tandis que plusieurs membres de la distribution ont eux-mêmes des attaches avec les Philippines.

Cette identité donne à Forgotten Island quelque chose que le box-office ne mesure pas pendant trois jours : une proposition culturelle distincte au sein de l'animation hollywoodienne grand public. Elle ne transforme toutefois pas automatiquement cette singularité en billets vendus. C'est précisément le problème industriel posé par ce premier week-end.

Le bouche-à-oreille devient la variable à surveiller

Le démarrage est faible, mais la trajectoire n'est pas encore écrite. Le film bénéficie d'un accueil critique et public favorable au moment de sa sortie, et les films familiaux peuvent construire leur carrière sur plusieurs semaines plutôt que concentrer l'essentiel de leurs recettes sur l'ouverture. L'arrivée progressive dans les marchés internationaux lui donne également des relais que son total actuel ne reflète pas encore entièrement.

Forgotten Island entre donc dans une phase moins spectaculaire mais plus révélatrice : celle des maintiens. À 12,8 millions de dollars en Amérique du Nord, son premier week-end ne fournit pas à DreamWorks le lancement qu'il espérait pour une production originale de cette ampleur. À 20,6 millions dans le monde avec des territoires encore absents, il est tout aussi prématuré d'écrire la fin de l'histoire. Les prochains week-ends diront si le public a simplement découvert Nakali en retard, ou s'il préfère décidément les îles qu'il connaît déjà.