Les données de Rentrak arrêtent le total à 4 765 071 855 dollars pour les États-Unis et le Canada.
L’été 2013, précédent détenteur du record, avait terminé à 4 755 775 084 dollars.
La différence atteint donc un peu plus de 9,29 millions de dollars : presque rien à l’échelle du marché, mais assez pour changer la première ligne du classement historique.
Spider-Man et Ulysse ont porté près d’un tiers du marché
Spider-Man: Brand New Day constitue de très loin le moteur principal du résultat.
Au moment du bilan, le film de Destin Daniel Cretton totalise 923,5 millions de dollars en Amérique du Nord et environ 2,4 milliards dans le monde.
The Odyssey de Christopher Nolan ajoute 598 millions de dollars domestiques. Réunis, les deux films représentent environ 31,7 % de l’intégralité des recettes estivales.
Le record ne repose donc pas uniquement sur une multiplication de performances moyennes. Deux événements exceptionnellement massifs ont tiré le marché vers le haut pendant plusieurs semaines.
Spider-Man est resté numéro un pendant six week-ends consécutifs. The Odyssey a de son côté dépassé 1,6 milliard de dollars à l’échelle mondiale.
Toy Story 5 et plusieurs surprises ont empêché l’été de dépendre de deux films
Les quelque 70 % restants proviennent d’une saison beaucoup plus large.
Toy Story 5 a rapporté environ 480 millions de dollars sur le marché domestique. Le phénomène horrifique Obsession atteint 236,4 millions malgré un budget de production inférieur au million de dollars.
The Devil Wears Prada 2 atteint 220,5 millions, Backrooms 197,5 millions et Minions & Monsters 183,1 millions.
Cette diversité compte presque autant que les deux mastodontes du sommet. Un marché où un seul film absorbe la demande peut produire quelques week-ends impressionnants sans garantir quatre mois solides.
L’été 2026 a au contraire disposé de relais réguliers.
Le record comporte une astérisque : l’été a duré sept jours de plus
Comparer directement 2026 à 2013 demande néanmoins une correction importante.
Rentrak mesure cette année une période de 130 jours, du 1er mai au 7 septembre. En 2013, la fenêtre utilisée pour le bilan estival allait du 3 mai au 2 septembre et comptait 123 jours.
2026 dispose donc d’une semaine supplémentaire pour dépasser un record qu’il ne bat que de 9,3 millions de dollars.
Cela ne retire rien au montant effectivement encaissé par les salles, mais rend le mot « record » moins spectaculaire qu’il ne paraît lorsqu’il est isolé.
En dollars courants, oui. En fréquentation historique, non.
Le deuxième correctif est l’inflation.
Le prix moyen d’un billet a augmenté depuis 2013, et les formats premium occupent une place plus importante dans les recettes. Une comparaison brute en dollars ne signifie donc pas que davantage de spectateurs sont entrés dans les cinémas qu’au cours des grands étés pré-streaming.
L’Associated Press soulignait déjà à la fin du week-end du Labor Day que la fréquentation corrigée de l’inflation restait inférieure aux niveaux historiques d’avant la pandémie.
Le marché a retrouvé une puissance commerciale. Il n’a pas nécessairement retrouvé le même volume de billets.
Août a été exceptionnel au lieu de servir de mois de transition
Autre particularité : le marché n’a pas fortement ralenti en fin de saison.
Les recettes d’août ont atteint environ 1,28 milliard de dollars, le meilleur mois d’août jamais enregistré en valeur nominale.
Mai, juin, juillet et août ont chacun dépassé le milliard de dollars.
C’est cette continuité qui distingue l’été 2026 de nombreux exercices récents, où une poignée de gros lancements était suivie de semaines beaucoup plus creuses.
La reprise dépasse les États-Unis
Les signaux positifs ne se limitent pas au marché nord-américain.
Au Royaume-Uni, les entrées d’août ont progressé de 56 % sur un an et dépassé 17 millions, soit le meilleur mois d’août depuis 2018.
Selon les données citées par le Guardian, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique ont affiché ensemble une hausse annuelle de 88 %. La France a enregistré 19,9 millions d’entrées en août, son meilleur résultat pour ce mois depuis le début de la série statistique il y a quarante-six ans.
L’Italie a également signé son meilleur ensemble juin-août avec 20,8 millions d’entrées et 162,3 millions d’euros de recettes.
Les échecs n’ont pas disparu
Un marché record n’a pas sauvé tous les films.
Supergirl a terminé autour de 126,4 millions de dollars dans le monde. Star Wars: The Mandalorian and Grogu atteint environ 345,4 millions, tandis que Minions & Monsters reste très loin de la performance mondiale de son prédécesseur.
L’été raconte donc moins un retour automatique du public vers toutes les franchises qu’une concentration particulièrement forte autour des films capables de devenir de vrais événements.
Hollywood a retrouvé un été à plus de 4,7 milliards, pas encore son ancien modèle
Pour les exploitants, l’essentiel est immédiat : les recettes reviennent à un niveau qu’ils n’avaient plus vu depuis la période précédant l’explosion du streaming et les perturbations de la pandémie.
Pour les studios, le message est plus compliqué.
Spider-Man, Nolan, Pixar et plusieurs phénomènes inattendus ont démontré que le public peut encore se déplacer massivement. Mais la durée plus longue de la période, la hausse du prix des billets et l’irrégularité de certaines franchises empêchent de conclure que le marché a simplement retrouvé 2013.
Le record est réel.
Le cinéma américain a surtout découvert qu’il pouvait de nouveau en battre un.