Après plusieurs années à mesurer la reprise par rapport à l’avant-Covid, Hollywood peut cette fois sortir un autre mot : record. Selon les données de Rentrak, la saison estivale 2026 a rapporté environ 4,76 milliards de dollars sur le marché domestique, contre 4,755 milliards en 2013.

L’écart est minuscule. Quelques millions de dollars sur plus de quatre milliards et demi. Mais symboliquement, il tombe plutôt bien pour une industrie qui continue depuis 2020 à se demander si le public a durablement changé ses habitudes.

Quatre mois au-dessus du milliard

Le résultat ne repose pas uniquement sur deux week-ends gigantesques. Mai aurait généré environ 1,07 milliard de dollars, juin 1,08 milliard, juillet 1,18 milliard et août 1,27 milliard. C’est la première fois que chacun des quatre mois de la saison estivale dépasse le milliard.

Cette régularité est probablement plus intéressante que le record final lui-même. L’été pèse traditionnellement lourd dans les recettes annuelles américaines, et 2026 n’a pas été soutenu par une seule vague comparable au phénomène Barbenheimer de 2023.

Plusieurs franchises ont tout de même largement fait le travail. Toy Story 5 et The Devil Wears Prada 2 ont accompagné la saison, tandis que des succès moins évidents comme Obsession et Backrooms ont trouvé leur public.

Spider-Man et Nolan ont changé l’échelle

Puis Spider-Man: Brand New Day est arrivé.

Le film Sony et Marvel représente à lui seul environ 923 millions de dollars en Amérique du Nord et 2,4 milliards dans le monde au moment du bilan estival. Sa domination s’est prolongée sur six week-ends consécutifs à la première place du classement américain.

À côté, The Odyssey de Christopher Nolan affiche environ 589 millions de dollars sur le marché domestique et plus de 1,6 milliard dans le monde. Deux films capables de générer ensemble bien plus d’un milliard de dollars rien qu’en Amérique du Nord changent évidemment la physionomie d’une saison.

La performance d’IMAX sur The Odyssey ajoute un autre élément intéressant : les formats premium ne sont plus seulement un supplément de confort sur certains blockbusters. Ils peuvent devenir une partie substantielle de l’économie d’un film événement.

Un record, oui. Pas le même nombre de spectateurs qu’en 2013

Il y a néanmoins deux astérisques assez énormes derrière les 4,76 milliards.

Le premier est l’inflation. Les recettes de 2013 ne sont pas réévaluées selon le prix actuel des billets. Dépasser cette année en dollars courants ne signifie donc pas que davantage de spectateurs sont entrés dans les salles en 2026.

Le second tient au calendrier. La période estivale considérée cette année compte 130 jours, contre 123 jours en 2013 en raison du positionnement de Labor Day. Sept jours supplémentaires suffisent à relativiser sérieusement un record battu de quelques millions seulement.

Même corrigé de son emballage marketing, le chiffre reste toutefois solide. L’été 2026 dépasse les 4,3 milliards de 2019 et les 4,42 milliards de 2018 en valeur nominale. Il devient aussi seulement le deuxième été post-pandémie à franchir les 4 milliards, après les 4,09 milliards de 2023.

Tous les blockbusters n’ont pas été sauvés

Le retour des grosses recettes n’a pas transformé chaque sortie en succès. La saison a également produit plusieurs revers coûteux, notamment Supergirl, le remake live de Moana et Masters of the Universe.

C’est peut-être ce qui rend le bilan plus parlant : les salles ont pu atteindre un sommet malgré des accidents industriels importants. Le public n’a pas recommencé à acheter automatiquement un billet pour chaque franchise connue. Il s’est massivement déplacé pour certains films et en a laissé d’autres sur le bord de la route.

Le record de 2026 raconte donc moins un retour à l’ancien Hollywood qu’une concentration toujours très forte autour des événements capables de devenir incontournables. Cet été, Peter Parker et Ulysse ont porté une bonne partie du poids.