Le trailer campagne présenté le 17 septembre au Tokyo Game Show reprend la conséquence la plus importante de Modern Warfare III : John Price a assassiné le général Shepherd, Task Force 141 a éclaté et l'homme qui incarnait l'autorité de la série travaille maintenant hors de toute chaîne de commandement.
Ghost et Gaz reçoivent pour mission de le capturer ou de le tuer.
C'est une formule particulièrement efficace pour une série qui a passé trois jeux à construire ces personnages comme une famille militaire presque indestructible.
Price n'est plus la boussole morale automatique de Modern Warfare
Le trailer insiste sur la question qui sépare les anciens membres de 141 : Price avait-il raison de tuer Shepherd parce que le système n'aurait jamais réglé le problème autrement, ou a-t-il simplement décidé que ses propres règles étaient supérieures à celles de tout le monde ?
Infinity Ward ne donne pas encore de réponse. Ghost sert plutôt de contrepoids. Il connaît les mêmes guerres, les mêmes compromis et les mêmes opérations clandestines que Price, mais il n'accepte plus nécessairement sa conclusion.
Pour un personnage longtemps présenté comme celui qui savait quand enfreindre les règles, devenir lui-même l'homme que ses proches considèrent comme dangereux est un déplacement assez logique.
Valeria prend la place laissée vide par les alliés
Le paradoxe suivant arrive immédiatement : plus Price se coupe de ses anciens partenaires, plus ses nouveaux alliés deviennent moralement difficiles à défendre.
Valeria Garza en est l'exemple le plus évident. La cheffe du cartel de Las Almas faisait partie des ennemis de Modern Warfare II. Elle apparaît désormais à côté de Price parce que celui-ci a besoin de ressources et de contacts que son ancien réseau ne peut plus lui offrir.
Modern Warfare a toujours adoré faire travailler ensemble des personnages qui devraient se détester. Ici, ce procédé sert surtout à montrer la nouvelle position de Price : il ne sélectionne plus ses alliés depuis le sommet d'une organisation internationale. Il prend ceux qui acceptent encore de répondre au téléphone.
La guerre en Corée empêche le jeu de devenir uniquement un drame entre anciens collègues
En parallèle, la campagne suit le soldat sud-coréen Park Hyun Jun et son unité au cœur d'une invasion fictive de la Corée du Sud par la Corée du Nord.
Infinity Ward annonce des combats terrestres, un assaut amphibie et plusieurs autres théâtres internationaux, dont New York, Paris et Mumbai.
Ce deuxième axe conserve la dimension spectaculaire attendue d'un Call of Duty. Il crée également un contraste assez propre : d'un côté une guerre où les camps sont visibles, de l'autre un Price dont les anciennes certitudes sont devenues beaucoup plus difficiles à classer.
Il manque encore le visage du grand méchant
Une arme inconnue doit être livrée à un adversaire surnommé The Archer. Le trailer ne révèle ni son identité complète, ni ses motivations, ni la nature du dispositif.
Ce silence est probablement volontaire. Modern Warfare 4 dévoile déjà son conflit interne et son cadre militaire ; il conserve encore le personnage capable de relier ces deux morceaux pour la dernière phase de sa campagne marketing.
La sortie complète est fixée au 23 octobre sur PlayStation 5, Xbox Series X|S, PC et Nintendo Switch 2. Les précommandes numériques donnent accès à la campagne dès le 16 octobre.
La question la plus intéressante n'est donc plus simplement de savoir qui Price va éliminer. C'est de voir si le jeu acceptera vraiment de laisser ses anciens équipiers considérer qu'il est allé trop loin.