La Saison 20 a déplacé une frontière assez ancienne dans Sea of Thieves. Rare avait toujours conçu son jeu comme une fabrique d'histoires émergentes : un ensemble de systèmes simples, des équipages humains et suffisamment d'occasions pour que la soirée parte de travers. Custom Seas permet désormais d'organiser une partie de ce désordre au lieu de simplement l'attendre.
La mise à jour 3.8.2 du 20 août renforce cette logique. Elle ajoute Seas of Sailor's Grave aux lieux utilisables, permet de rendre un pirate invisible ou invulnérable dans une session privée et continue d'étendre une boîte à outils déjà capable de gérer jusqu'à 24 joueurs, plusieurs équipages, des apparitions, des déplacements et des règles de score personnalisées.
Le machinima pirate a désormais sa caméra
Rare avait intégré dès le lancement de Custom Seas une Free Camera pensée pour observer la partie sous des angles impossibles en jeu normal. Ce détail compte presque autant que les options de règles. Sea of Thieves possède depuis longtemps une communauté de photographes virtuels, de vidéastes, de streamers et de joueurs qui organisent leurs propres événements.
Les nouvelles commandes sont taillées pour ces usages. Hide Pirate permet de retirer visuellement un participant d'une scène. Invulnerability évite qu'un organisateur ou un cadreur finisse envoyé sur le Ferry of the Damned parce qu'un figurant s'ennuyait avec son tromblon.
Rare réemploie aussi son propre décor
L'arrivée de Seas of Sailor's Grave illustre une autre facette de ce modèle. Le lieu est désormais utilisable comme Legendary Location pour des créations Custom Seas, notamment avec un cadre adapté au Last Ship Standing. La zone est encerclée par le Devil's Shroud et certaines activités normales y sont désactivées.
Un espace autrefois attaché à une expérience précise devient donc une scène réutilisable. Pour un jeu-service aussi ancien, ce n'est pas anodin. Les années de contenu ne constituent plus seulement une archive de quêtes et de saisons passées ; elles peuvent former une bibliothèque de décors dans laquelle Rare vient puiser.
Un jeu qui produit aussi sa propre culture
Sea of Thieves s'y prête particulièrement bien parce que son identité n'a jamais reposé uniquement sur la progression. Les cosmétiques donnent des objectifs, les voyages donnent une direction, mais ce dont les joueurs se souviennent souvent est le comportement absurde d'un équipage, une alliance improvisée ou une trahison particulièrement mesquine.
Custom Seas formalise quelque chose que la communauté faisait déjà : utiliser le jeu comme une scène sociale. La différence tient au degré de contrôle. Il devient possible de préparer une compétition, un rendez-vous communautaire, une vidéo ou une simple soirée avec des règles maison sans devoir lutter en permanence contre les conditions du serveur public.
Il y a forcément un petit paradoxe. L'un des charmes de Sea of Thieves vient précisément de la personne que l'on n'avait pas invitée. Une session privée retire cette intrusion. Mais elle permet en échange des formes d'activité que le jeu partagé rendait beaucoup plus difficiles à organiser.
Le pirate devient aussi organisateur
Rare ne remplace pas High Seas. Le studio crée un deuxième rapport à son monde : celui d'un espace que l'on peut utiliser plutôt que seulement parcourir.
Huit ans après le lancement, c'est une évolution assez cohérente. Sea of Thieves a déjà raconté beaucoup d'histoires à ses joueurs. Avec Custom Seas, il leur fournit progressivement le plateau, les accessoires et les commandes pour fabriquer les leurs de manière beaucoup moins accidentelle.