Le retour a quelque chose d'étrange. StarCraft est l'une des séries qui ont aidé à définir le jeu de stratégie en temps réel moderne, pourtant Blizzard ne la ressuscite pas avec une troisième grande guerre observée depuis le ciel.

La caméra descend au niveau du soldat.

StarCraft III pouvait sembler évident. Blizzard a choisi autre chose

Le nouveau projet, simplement baptisé STARCRAFT, arrivera au printemps 2030. Blizzard le définit comme un shooter narratif en monde ouvert.

Ce choix place immédiatement la franchise dans une situation culturelle assez inhabituelle. StarCraft revient après une longue absence en laissant derrière lui le genre auquel son nom reste presque indissociable.

La première cinématique insiste sur le Dominion, ses soldats et le prix humain d'une guerre contre les Zerg. Pas de vue aérienne, pas d'économie de minerai, pas de dizaines d'unités sélectionnées dans un rectangle vert.

Une vieille obsession de Blizzard finit enfin par survivre

L'idée d'un shooter StarCraft est pourtant plus ancienne que certains joueurs qui découvriront ce nouvel épisode en 2030.

StarCraft: Ghost avait été annoncé au début des années 2000 avec Nova comme héroïne. Après plusieurs changements de développeur et une production compliquée, le projet a fini par disparaître.

Des années plus tard, Blizzard a tenté une autre adaptation orientée action avec le projet Ares. Lui non plus n'a jamais atteint le public.

Le STARCRAFT de Dan Hay ressemble donc moins à une lubie récente qu'à la troisième tentative de résoudre une question que Blizzard se pose depuis très longtemps : à quoi ressemble cet univers lorsque l'on cesse de commander l'armée pour devenir quelqu'un au milieu de la bataille ?

Soixante-dix années effacent une bonne partie du vieux tableau

Le nouveau jeu se déroule environ 70 ans après StarCraft II: Legacy of the Void. C'est suffisamment long pour transformer profondément la société du secteur de Koprulu sans devoir prétendre que ses trois grandes espèces ont disparu.

Blizzard peut ainsi conserver les Terrans, les Zerg, les Protoss et l'esthétique générale de la franchise tout en fabriquant des personnages qui n'ont pas besoin de vivre dans l'ombre permanente de Kerrigan, Raynor ou Artanis.

Dan Hay a déjà évoqué des factions capables de se fracturer et de changer de convictions pendant cet intervalle.

Un héros créé par le joueur plutôt qu'une nouvelle icône imposée

Le personnage principal sera personnalisable et pourra être nommé par le joueur. Ce choix tranche avec la galerie de héros extrêmement identifiés qui porte l'histoire de StarCraft depuis ses débuts.

Le récit conservera pourtant une structure fermée. Blizzard parle d'une histoire avec un début, un milieu et une fin, dans un jeu actuellement conçu comme un produit autonome plutôt qu'un programme saisonnier.

Le monde ouvert apportera les respirations : exploration, ressources, équipement et amélioration de l'armure pourront s'intercaler entre les missions narratives.

2030 est presque une déclaration de confiance

Blizzard annonce tout cela quatre ans avant la fenêtre de sortie. Une durée qui laisse largement le temps à des systèmes de changer, à des idées d'être abandonnées et aux plateformes d'évoluer.

Dan Hay a néanmoins présenté cette date lointaine comme une manière de montrer que l'équipe considère réellement le projet comme le prochain grand chapitre de StarCraft.

Aucun gameplay n'a encore été dévoilé.

Pour une franchise dont la dernière grande époque reposait sur la précision de ses unités et la lisibilité parfaite d'un champ de bataille, le passage au monde ouvert constitue presque une inversion complète. Blizzard garde l'univers et change le langage.