Will, Jay, Neil et Simon sont officiellement de retour. Netflix a annoncé le début de la production de The Inbetweeners 3 au Royaume-Uni le 7 septembre, mettant fin aux mois de rumeurs qui entouraient la résurrection de la comédie britannique.
Simon Bird reprend Will McKenzie, James Buckley redevient Jay Cartwright, Blake Harrison retrouve Neil Sutherland et Joe Thomas revient dans le rôle de Simon Cooper. Ce n'est donc ni un reboot avec une nouvelle génération ni une déclinaison vaguement rattachée à la marque. Netflix remet directement les quatre mêmes catastrophes sociales dans la pièce.
La Fiat jaune n'a visiblement pas pris sa retraite
La courte annonce diffusée pour officialiser le tournage ne cherche d'ailleurs pas très loin pour provoquer le réflexe nostalgique. Les quatre hommes retrouvent la célèbre Fiat Cinquecento Hawaii jaune et rouge associée à Simon dans la série. La voiture peine à démarrer, puis finit par quitter le garage.
Sur la vitre arrière, un énorme chiffre 3 suffit à expliquer le reste. Netflix connaît parfaitement la valeur du symbole : avant même de révéler une intrigue, le film remet à l'écran l'un des accessoires immédiatement reconnaissables de la série.
Douze ans après The Inbetweeners 2, c'était probablement plus efficace qu'un long communiqué.
Les créateurs originaux gardent les clés
Damon Beesley et Iain Morris, qui avaient créé The Inbetweeners pour E4, écrivent et réalisent eux-mêmes ce troisième long-métrage. Leur retour est presque aussi important que celui du casting : le projet ne passe pas à une nouvelle équipe chargée d'imiter de loin le ton de la série originale.
Claire Jones produit le film avec Patrick Holland pour Banijay et Mark Lesbirel pour Fudge Park Productions. Film4 reste également associé au projet. Netflix n'a en revanche communiqué ni synopsis détaillé ni date de sortie.
« It's been super-fun hanging out with our friends again, and we're going to work hard every week to ensure there are no problemos making this new film for humans. »
La déclaration de Beesley et Morris est exactement au niveau de sérieux attendu d'un retour de The Inbetweeners.
Une série terminée depuis seize ans, pas une franchise oubliée
La sitcom originale avait été diffusée entre 2008 et 2010 et racontait les humiliations adolescentes de quatre élèves de Rudge Park Comprehensive. Trois saisons ont suffi pour installer une série devenue particulièrement identifiable dans la comédie britannique, puis deux films ont prolongé l'histoire en 2011 et 2014.
Le premier long-métrage avait notamment établi à sa sortie un record d'ouverture au Royaume-Uni pour une comédie britannique. Le deuxième avait lui aussi réalisé de solides performances. L'idée d'un troisième film est donc moins absurde économiquement que le délai de douze ans pourrait le laisser penser.
Surtout, la marque n'avait pas complètement disparu. Les épisodes ont continué de circuler sur les plateformes et Netflix dispose maintenant d'un moyen assez simple de transformer cette popularité de catalogue en nouveauté exclusive.
Netflix mise sur les quarantenaires les moins adultes de Grande-Bretagne
C'est là que le retour devient plus intéressant qu'une simple opération nostalgique. The Inbetweeners reposait sur quatre garçons dont l'incapacité à devenir les adolescents cool qu'ils rêvaient d'être constituait pratiquement tout le moteur comique. Ils ne peuvent évidemment plus rejouer les lycéens.
Bird, Buckley, Harrison et Thomas ont désormais la quarantaine. Le film devra donc décider ce que deviennent Will, Jay, Neil et Simon quand les problèmes d'adultes remplacent les soirées ratées, les parents embarrassants et les fantasmes adolescents.
Netflix n'a encore rien révélé de ce côté-là. Pas de mariage confirmé, de divorce, d'enfants, de crise professionnelle ou de nouvelle excursion catastrophique. Pour une fois, le secret est plutôt bienvenu : l'intérêt du film repose précisément sur le décalage entre les garçons que l'on connaît et les hommes qu'ils devraient théoriquement être devenus.
Le revival britannique parfait pour Netflix
Pour la plateforme, le calcul est confortable. The Inbetweeners possède déjà un public britannique massif, quatre interprètes identifiés à leurs personnages et une reconnaissance immédiate sans nécessiter la remise en chantier d'une série entière. Un film permet de tester le retour tout en gardant l'événement compact.
Il reste évidemment une difficulté assez énorme : la série pouvait être vulgaire, puérile et parfois franchement désagréable parce qu'elle racontait précisément des adolescents vulgaires, puérils et désagréables. Reproduire exactement cette mécanique avec quatre hommes d'âge mûr risquerait de transformer le malaise volontaire en simple tristesse.
Beesley et Morris ont douze ans de plus eux aussi. La Fiat, elle, a toujours la même couleur.