Il y a quelque chose de volontairement brutal dans la façon dont Virtue and a Sledgehammer présente son histoire. Deconstructeam et Selkie Harbour auraient pu faire du retour de Pratelle dans sa ville natale une promenade mélancolique parmi les souvenirs. Ils lui donnent plutôt vingt livres de métal.
Devolver Digital vient de fixer la sortie au 27 octobre 2026 sur Steam. Une démo permet déjà d'approcher cette ville où les habitants ont été numérisés, reproduits sous forme de machines et laissés comme d'étranges fantômes capables de renvoyer Pratelle à ce qu'elle essayait peut-être d'éviter.
Une ville qui se souvient même quand ses habitants ont changé de corps
Le point de départ emprunte à la science-fiction, mais le jeu semble moins intéressé par la technologie elle-même que par ce qu'elle permet de conserver. Les voisins de Pratelle sont devenus des fac-similés mécaniques. Leur simple existence transforme le retour au pays en rencontre avec des souvenirs qui peuvent encore parler.
Le transhumanisme devient alors un outil narratif assez pratique pour poser une vieille question autrement : qu'est-ce qu'une personne laisse derrière elle dans un endroit ? Des habitudes, des rancœurs, des conversations, une image figée par ceux qui sont partis. Ici, tout cela peut prendre une forme métallique et attendre au coin d'une rue.
La violence ne remplace pas le dialogue
Virtue and a Sledgehammer alterne destruction du décor, affrontements et séquences d'interactive fiction. Les souvenirs familiaux remontent donc à travers des scènes plus écrites, avec les obsessions habituelles de Deconstructeam pour les relations humaines, les contradictions et les choses qu'on ne formule jamais très proprement.
La masse change pourtant la température de ces scènes. Le joueur peut sortir d'un passage intime et commencer immédiatement à réduire une partie du village en morceaux. Ce contraste est presque grossier, mais il correspond bien à une histoire où la catharsis n'a aucune raison d'être élégante.
Revenir chez soi sans y appartenir
Les développeurs parlent explicitement de famille, de traditions et du sentiment d'être un étranger dans l'endroit où l'on a grandi. La ville n'est donc pas seulement un cadre gothique vaguement inquiétant : elle représente ce qui continue d'exister après le départ de Pratelle, avec ou sans son consentement.
Le choix de rendre une grande partie du décor destructible donne une forme physique à ce conflit. Elle peut revenir. Elle peut parler à ces copies de ceux qu'elle connaissait. Elle peut aussi fracasser le mur.
Deconstructeam change d'échelle
Le projet marque également une évolution assez nette pour le studio valencien. The Red Strings Club ou The Cosmic Wheel Sisterhood faisaient déjà beaucoup avec leurs dialogues et leurs personnages, mais dans des espaces beaucoup plus contenus. Virtue and a Sledgehammer conserve cette écriture tout en l'installant dans une aventure 3D tournée vers l'exploration et la destruction.
La démo est disponible sur Steam. La version complète sortira le 27 octobre sur PC.