Sorti le 4 septembre sur Windows et macOS, Worming from Home emprunte la structure d'un simulateur de métier pour s'intéresser à une profession nettement moins souvent fantasmée que pilote de ligne ou mécanicien : analyste financier junior en télétravail.
Le protagoniste commence tout en bas de l'échelle. Il doit répondre aux demandes de son supérieur, remplir des feuilles de calcul, investir en bourse et accumuler suffisamment de compétences pour espérer une promotion.
Accessoirement, il mesure quelques centimètres.
Le télétravail règle élégamment un problème narratif
Le dispositif permet au jeu de conserver son absurdité sans devoir expliquer pourquoi un open space entier accepte tranquillement un annélide en cravate. Les relations professionnelles passent en grande partie par un écran ou un téléphone.
Un mot suffit parfois pour répondre au patron. Pour l'entreprise, l'essentiel est apparemment que quelqu'un remplisse la cellule.
Le corps du ver fait le reste de la satire. Chaque tâche administrative devient physiquement pénible : il faut se jeter sur les touches, ramper vers les objets et lutter avec un environnement conçu pour quelqu'un d'une taille beaucoup plus raisonnable.
Le jeu connaît assez bien ses clichés financiers
La description officielle ne présente pas le personnage comme un modèle de gouvernance. Le joueur peut investir son salaire et utiliser des informations privilégiées pour manipuler ses placements.
Les feuilles de calcul ne semblent pas beaucoup plus sacrées. L'un des objectifs consiste à entrer des chiffres suffisamment convaincants pour donner l'impression que l'entreprise se porte bien.
Worming from Home transforme donc le langage du travail corporate en objectifs de jeu : productivité, investissement, développement de compétences et montée dans la hiérarchie. Le personnage peut lire des livres consacrés à la finance, s'entraîner et acheter des améliorations pour optimiser sa petite existence professionnelle.
Même le temps libre devient une occasion de progresser
Le ver peut faire du sport, acheter des objets, discuter avec d'autres personnages et explorer son logement après sa journée de travail. Le jeu garde ainsi les habitudes du simulateur de vie jusque dans les heures censées échapper à l'entreprise.
Il y a quelque chose d'assez adapté dans cette accumulation. Le héros travaille pour gagner de l'argent, dépense cet argent pour mieux fonctionner, développe ses compétences et recommence avec l'espoir d'obtenir un meilleur poste.
On peut également acheter des chapeaux. Toute critique du capitalisme a ses limites.
Une comédie construite sur une contrainte physique
Le projet pourrait facilement se réduire à son titre et à quelques captures amusantes. Sa mécanique centrale lui donne davantage de matière : le corps mou du personnage transforme une routine reconnaissable en spectacle physique.
Le clavier, la souris et le téléphone deviennent les accessoires de cette comédie. Les développeurs utilisent la physique pour faire du travail administratif une série de petits numéros de slapstick.
La version complète arrive après plusieurs mois de démo publique et bénéficie d'une remise introductive de 25 % jusqu'au 18 septembre sur Steam. L'interface et les sous-titres sont notamment disponibles en français.
Le CV, en revanche, ne précise toujours pas comment le candidat a passé l'entretien.