Edward Kenway commence toujours par voler l'identité d'un autre homme pour récupérer une récompense qui ne lui appartient pas. C'est un excellent résumé du personnage : avant les Assassins, avant les grands principes, il y a un pirate opportuniste qui préférerait largement devenir riche.
The Guardian rappelle pourquoi cette légèreté fonctionne aussi bien. Edward traverse un monde rempli de complots et de trahisons avec une énergie beaucoup moins solennelle que la plupart des héros de la série. Son évolution vient justement de la collision entre cette insouciance et ce qu'il finit par perdre.
Le remake sait que l'histoire d'Edward ne doit pas être réécrite
Ubisoft Singapore a recréé les scènes principales en conservant les performances originales et la structure fondamentale du récit. PC Gamer souligne la fidélité presque plan par plan de nombreuses séquences. Sur ce terrain, Resynced résiste à la tentation de « corriger » le personnage.
Blackbeard, Stede Bonnet, Anne Bonny et les autres figures rencontrées pendant le voyage continuent donc d'entourer Edward d'une galerie où l'histoire réelle et la fiction Assassin's Creed se mélangent avec beaucoup plus de décontraction que dans plusieurs épisodes ultérieurs.
La disparition d'Abstergo n'est pas un petit raccourci
Le changement narratif le plus discutable ne concerne pas Edward mais ce que Resynced enlève autour de lui. PC Gamer regrette la suppression de la trame moderne située dans les bureaux d'Abstergo Entertainment.
Elle était moquée en 2013 parce qu'elle interrompait régulièrement la piraterie. Elle servait aussi à replacer Black Flag dans la fiction plus large d'Assassin's Creed et à montrer comment l'histoire d'Edward était transformée en produit de divertissement par Abstergo. Retirer cette couche rend l'aventure plus directe. Elle la rend également moins étrange.
Le pirate était déjà plus intéressant que l'Assassin
Black Flag a toujours vécu dans une contradiction assez heureuse : les joueurs se souviennent du pavillon noir, des chants de marins, de Nassau et du Jackdaw bien avant de se souvenir de la plupart des détails du conflit Assassins-Templiers.
Resynced accentue ce déséquilibre. En concentrant davantage l'expérience sur Edward et la vie pirate, le remake devient plus fluide pour un nouveau public. Il perd une partie de la friction qui rappelait que Black Flag appartenait à une série construite sur plusieurs époques superposées.
Les Caraïbes deviennent presque un personnage
Le nouveau rendu profite particulièrement aux voyages entre les îles. La météo dynamique, le cycle temporel et l'absence de certaines ruptures donnent au monde une continuité beaucoup plus convaincante. The Guardian et TechRadar insistent tous deux sur le plaisir retrouvé de simplement naviguer.
Cette beauté ne remplace pas la personnalité du scénario. Heureusement, Edward n'en avait pas besoin.
Une meilleure porte d'entrée, une œuvre légèrement différente
Pour quelqu'un qui découvre Black Flag en 2026, Resynced raconte toujours une excellente histoire d'ambition, de camaraderie et de désillusion. Edward reste intact là où beaucoup de héros de cette époque auraient pu sembler plus plats.
Les anciens joueurs ont davantage de raisons d'hésiter. La suppression de la partie moderne et plusieurs coupes enlèvent aussi des éléments qui participaient à la texture historique du jeu de 2013.