Jeanne Herry revient au cinéma trois ans après Je verrai toujours vos visages avec un film construit autour d'un seul personnage et d'une période beaucoup plus longue.

Adèle Exarchopoulos incarne Garance, jeune actrice qui n'est pas une célébrité mais travaille suffisamment pour maintenir une vie professionnelle. Sara Giraudeau joue Pauline, personnage central dans le récit intime que Garance déroule au fil du film.

Le long métrage accompagne son héroïne pendant huit années de déménagements, de répétitions, de rencontres, de fêtes, de relations et d'angoisses.

L'alcool ne commence pas comme un spectaculaire point de rupture

C'est l'un des choix les plus importants du film. Garance n'est pas introduite comme une femme dont toute l'existence se serait déjà effondrée.

Elle est active, drôle, sociable et capable de travailler. L'alcool fonctionne d'abord comme un carburant, un refuge immédiatement disponible et un prolongement presque naturel des soirées.

C'est précisément cette apparente compatibilité avec une vie ordinaire qui permet au récit de montrer la dépendance autrement qu'à travers une succession de scènes de crise.

Au fil des années, la consommation augmente et finit par modifier ce que Garance peut encore considérer comme normal. Le risque de mort apparaît progressivement dans un quotidien qui, vu de l'extérieur, continue parfois de tenir debout.

Jeanne Herry construit le film sur la durée

Le choix de raconter huit ans évite de réduire l'addiction à une chute unique suivie d'une guérison proprement découpée.

Garance change de logement, de travail, d'amitiés et de relations. Elle découvre aussi sa sexualité et traverse une transformation intime qui n'est jamais isolée de son rapport à l'alcool.

Le film accepte donc que des moments de joie et de destruction existent simultanément. Les périodes heureuses ne signifient pas que le problème a disparu ; les périodes difficiles ne résument pas non plus entièrement le personnage.

Adèle Exarchopoulos retrouve Jeanne Herry

La réalisatrice avait déjà dirigé Exarchopoulos dans Je verrai toujours vos visages en 2023.

Garance lui confie cette fois la totalité de la trajectoire centrale. L'actrice doit rendre crédibles plusieurs âges, plusieurs états du personnage et surtout une dépendance qui ne se manifeste pas de la même manière au début et à la fin du film.

Sara Giraudeau occupe l'autre rôle principal. Autour d'elles figurent notamment Sarajeanne Drillaud, Anne Suarez, Mathilde Roehrich, Brigitte Sy, Hélène Alexandridis, Jehnny Beth et Raya Martigny.

Le film part d'un sujet de santé publique mais refuse le dossier pédagogique

Jeanne Herry a expliqué avoir nourri le personnage après sa rencontre avec une jeune femme alcoolique qui lui avait raconté son parcours.

Le sujet touche évidemment à une réalité médicale et sociale très large, mais Garance n'est pas présenté comme une démonstration clinique de l'alcoolisme.

Le film reste d'abord attaché à une personne : son désir de jouer, ses amitiés, sa famille, ses histoires d'amour, son besoin de liberté et la façon dont une dépendance vient peu à peu modifier toutes ces dimensions.

Cette perspective évite de transformer Garance en simple cas à observer. Elle existe avant son addiction, pendant elle et au-delà de la manière dont les autres la définissent.

Cannes a servi de première exposition au film

Garance a été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2026.

Pour Jeanne Herry, il s'agissait d'un changement d'échelle après Pupille et Je verrai toujours vos visages : le film entrait directement dans la compétition principale avant sa sortie française de septembre.

Antoine Cormier signe l'image, Laurence Briaud le montage et Pascal Sangla la musique originale. Alain Attal et Hugo Sélignac produisent le film, avec Trésor Films et Chi-Fou-Mi Productions.

Deux heures pour faire sentir ce que huit années changent

Le Festival de Cannes et l'Académie des César indiquent une durée de 120 minutes.

Cette amplitude sert moins à multiplier les péripéties qu'à laisser voir l'évolution de Garance. Certaines habitudes qui paraissent secondaires au début deviennent plus lourdes plusieurs années plus tard précisément parce que le spectateur les a vues s'installer.

Le film arrive dans les salles françaises le 23 septembre 2026, distribué par Studiocanal.