Stan s'est exprimé dans un entretien avec Le Journal du Dimanche publié le 18 août, après avoir été interrogé sur ce qu'il pouvait raconter d'Avengers: Doomsday. Sa réponse a été plutôt pratique : pas grand-chose, puisqu'il ne connaît pas lui-même l'ensemble du film.
L'acteur dit avoir tourné des « scènes éparses » et décrit le travail comme un processus continu, en constante évolution. Les producteurs ne souhaitaient pas qu'il lise le scénario dans son intégralité, notamment pour éviter que des journalistes puissent ensuite lui poser des questions trop précises.
Non, cela ne signifie pas que Doomsday n'avait pas de scénario
La nuance est importante parce que la formule de Stan peut rapidement devenir beaucoup plus spectaculaire lorsqu'elle est sortie de l'entretien. Dire qu'un acteur « n'avait pas de scénario » ne signifie pas que les frères Russo dirigeaient plusieurs dizaines de comédiens en attendant que quelqu'un invente le troisième acte.
Disney crédite officiellement Stephen McFeely comme scénariste d'Avengers: Doomsday. Marvel possède donc bien un scénario et une architecture narrative. Ce que Stan décrit est son niveau d'accès à cette architecture.
Il ne dit pas non plus que chaque scène était réécrite en permanence. Son expression sur un travail « en constante évolution » décrit la façon dont il a vécu la production ; elle ne permet pas à elle seule de conclure à un scénario changé quotidiennement.
Le secret devient une partie de l'organisation du plateau
Le raisonnement expliqué par Stan est moins mystérieux que le film lui-même. Moins un acteur connaît de connexions entre les scènes, moins il peut accidentellement révéler une connexion pendant six mois de promotion, de tapis rouges et d'entretiens.
L'acteur ajoute qu'il se plie à cette règle depuis quinze ans. Le chiffre correspond presque exactement à son parcours chez Marvel : Stan joue Bucky Barnes depuis Captain America: First Avenger en 2011.
Il a donc eu le temps de découvrir qu'une réponse sincère peut parfois être beaucoup plus sûre qu'une excellente mémoire. Si le studio ne lui a jamais donné certaines informations, il n'a pas besoin de prétendre les avoir oubliées.
Doomsday est particulièrement adapté à ce système de compartiments
Disney présente désormais officiellement le film comme la collision de héros issus de trois univers distincts. Le casting annoncé suffit déjà à montrer le problème logistique : Avengers, New Avengers, Quatre Fantastiques, anciens X-Men et plusieurs personnages qui ont chacun leur propre histoire doivent se retrouver dans le même long métrage.
Sebastian Stan partage notamment l'affiche avec Robert Downey Jr., Chris Evans, Chris Hemsworth, Pedro Pascal, Vanessa Kirby, Florence Pugh, Anthony Mackie, Tom Hiddleston, Patrick Stewart, Ian McKellen, James Marsden, David Harbour, Paul Rudd et Simu Liu.
Dans une production de cette taille, une scène isolée peut déjà réunir suffisamment de personnages pour être complexe à tourner sans que chacun ait besoin de connaître le chemin exact qui mène à la suivante. Pour Marvel, le cloisonnement possède donc deux avantages : contrôler les révélations et réduire le nombre de personnes capables de reconstituer tout le puzzle.
Pour l'acteur, le compromis est moins confortable
Tourner avec une information partielle possède évidemment un coût. Un interprète peut connaître ce que son personnage veut dans une scène sans avoir accès à toutes les conséquences qui l'attendent une heure plus tard dans le film.
Dans le cas de Stan, Marvel bénéficie toutefois d'un acteur qui porte le même personnage depuis 2011. Bucky a déjà traversé plusieurs Captain America, deux Avengers, The Falcon and the Winter Soldier et Thunderbolts*. Une partie de sa continuité ne dépend donc plus d'un dossier de vingt pages distribué le matin.
Cela ne remplace pas le contexte d'un scénario complet. Stan ne prétend d'ailleurs pas que cette méthode serait supérieure. Il dit simplement qu'il y est habitué.
Marvel a déjà révélé beaucoup de choses, juste pas à tout le monde
Le paradoxe est assez amusant. Le public possède désormais un synopsis officiel, un casting gigantesque, plusieurs bandes-annonces et un Special Look montré à la D23. Sebastian Stan affirme pourtant ne pas avoir disposé du scénario complet lorsqu'il tournait ses propres scènes.
Disney a confirmé que Robert Downey Jr. joue Victor von Doom, que Chris Evans revient en Steve Rogers et que les Quatre Fantastiques ainsi que plusieurs anciens X-Men participent au crossover. Anthony et Joe Russo réalisent, avec Kevin Feige, Louis D'Esposito et Jonathan Schwartz à la production.
La campagne peut donc révéler exactement les pièces que Marvel souhaite rendre publiques sans avoir donné à chaque interprète la boîte entière pendant le tournage.
Avengers: Doomsday sortira en France le 16 décembre 2026.