Prime Video a publié le trailer complet le 9 septembre. Les huit épisodes arriveront ensemble le 7 octobre dans plus de 240 pays et territoires.

Il ne s'agit pas d'une suite ni d'un remake direct du film de Brian De Palma. Amazon présente Carrie comme la première adaptation du roman de Stephen King conçue dès le départ pour la télévision, avec Mike Flanagan comme showrunner, scénariste et producteur exécutif.

Flanagan réalise également quatre des huit épisodes.

Le trailer commence par rendre Carrie beaucoup plus contemporaine

Le déplacement le plus visible concerne le harcèlement. Le roman de 1974 reposait déjà sur la violence collective et l'humiliation publique ; la série ajoute explicitement les réseaux sociaux et la viralité à cette mécanique.

Carrie White est envoyée au lycée public après la mort soudaine de son père. Elle arrive donc dans cet environnement sans codes sociaux, après une vie passée largement à l'écart sous l'autorité de sa mère Margaret.

Prime Video décrit une affaire de harcèlement viral qui finit par contaminer toute la communauté. Le trailer montre effectivement des téléphones braqués sur Carrie et une humiliation qui ne s'arrête plus lorsqu'elle quitte la pièce.

L'idée est presque trop évidente pour une adaptation moderne de Carrie. Elle est aussi difficile à éviter : en 2026, la cruauté adolescente possède une fonction de partage.

Summer H. Howell a dû passer devant plus de mille autres candidates

Le rôle de Carrie revient à Summer H. Howell. Amazon indique que plus de 1 000 actrices ont auditionné pendant la recherche de l'interprète principale.

Le trailer mise beaucoup sur son décalage physique avec le reste du lycée. Howell joue une Carrie très contenue, souvent immobile pendant que les autres personnages occupent l'espace autour d'elle. Les premiers signes de télékinésie deviennent alors des ruptures plutôt que des effets permanents.

Face à elle, Samantha Sloyan incarne Margaret White. Le choix est particulièrement familier pour les spectateurs de Flanagan : Sloyan faisait déjà partie de Midnight Mass, The Fall of the House of Usher, The Midnight Club et The Haunting of Hill House.

Margaret White paraît être le vrai monstre domestique

La bande-annonce insiste beaucoup sur la relation mère-fille. Margaret protège Carrie, mais cette protection prend immédiatement la forme d'une surveillance, d'une culpabilisation religieuse et d'une peur du monde extérieur.

C'est probablement là que le format série dispose de son avantage le plus évident. Un film doit conduire assez rapidement Carrie vers le lycée, la douche, le bal et la catastrophe. Huit épisodes permettent théoriquement de passer davantage de temps dans cette maison et de comprendre comment Carrie a appris à craindre autant sa mère que les autres élèves.

Flanagan connaît particulièrement bien ce type de dynamique. Ses séries d'horreur sont rarement construites seulement autour d'une menace surnaturelle ; la famille, le deuil et les blessures accumulées y font généralement davantage de dégâts que le fantôme du moment.

Sue, Chris, Tommy et Billy ont maintenant huit épisodes pour exister

Siena Agudong joue Sue Snell, Alison Thornton incarne Chris Hargensen, Joel Oulette Tommy Ross et Arthur Conti Billy Nolan. Josie Totah joue Tina, tandis que Thalia Dudek incarne Emaline.

Le casting adulte comprend aussi Amber Midthunder en Miss Desjardin et Matthew Lillard en Principal Grayle.

Ce temps supplémentaire peut changer beaucoup de choses pour une histoire dont plusieurs personnages secondaires sont souvent réduits, dans les adaptations, à leur rôle dans la mécanique menant au bal.

Prime Video promet justement d'élargir les personnages et les tensions plutôt que de simplement étirer l'intrigue connue sur huit heures.

Flanagan ne cherche pas à faire oublier De Palma

Carrie arrive cinquante ans après le film de Brian De Palma avec Sissy Spacek, sorti en 1976 et devenu suffisamment important pour que chaque nouvelle adaptation se retrouve inévitablement comparée à lui.

Une autre version télévisée avait existé sous forme de téléfilm en 2002, et une nouvelle adaptation cinéma avec Chloë Grace Moretz était sortie en 2013. Mais la série de Flanagan est la première à disposer d'un format épisodique complet.

C'est une différence plus importante que la simple modernisation des téléphones. Le roman de King utilise différents points de vue, documents et regards rétrospectifs pour raconter une catastrophe dont l'issue est déjà largement connue. Une série possède naturellement davantage de place pour retrouver cette dimension chorale.

Stephen King participe directement à cette nouvelle version

King est producteur exécutif de la série. Trevor Macy, collaborateur régulier de Flanagan, fait également partie de la production exécutive, tandis qu'Amazon MGM Studios produit le projet.

Le rapprochement entre Flanagan et King est déjà ancien. Le réalisateur a signé les adaptations de Gerald's Game et Doctor Sleep, puis The Life of Chuck. Prime Video développe également avec lui une adaptation de The Dark Tower.

Carrie possède cependant une place particulière dans cette liste : c'est le premier roman publié de King, sorti en 1974, celui qui a lancé une carrière ayant depuis dépassé 350 millions de livres vendus selon Amazon.

Le 7 octobre, il n'y aura pas besoin d'attendre huit semaines pour le bal

Prime Video a choisi une mise en ligne intégrale. Les huit épisodes seront disponibles le même jour, plutôt qu'à raison d'un chapitre par semaine.

Le choix convient assez bien à une histoire dont l'événement final appartient depuis longtemps à la culture populaire. Le suspense ne consiste pas vraiment à se demander où Carrie va finir.

La question intéressante est plutôt celle que la communication de Prime formule elle-même : quelle accumulation de petites cruautés transforme cette adolescente en ce que tout le monde sait qu'elle va devenir ?

Le trailer ne tente donc pas de cacher la catastrophe. Il montre surtout la mèche.