Prime Video a dévoilé le 9 septembre la bande-annonce officielle de Carrie.

La série sera disponible intégralement le 7 octobre dans plus de 240 pays et territoires. Huit épisodes seront mis en ligne le même jour.

Il s’agit de la première adaptation de Carrie directement conçue comme une série télévisée.

Carrie entre au lycée après avoir grandi presque coupée du monde

Summer H. Howell incarne Carrie White.

Prime Video précise qu’elle a été retenue après une recherche durant laquelle plus de 1 000 actrices ont auditionné pour le rôle.

Cette nouvelle version modifie légèrement le point de départ. Carrie a passé l’essentiel de son existence protégée — ou enfermée — dans l’univers domestique construit par sa mère Margaret. La mort soudaine de son père la pousse ensuite dans l’environnement beaucoup moins contrôlable du lycée public.

Elle y découvre la même cruauté qui définit le roman de Stephen King depuis 1974, mais avec un multiplicateur contemporain.

L’humiliation devient virale

Prime Video mentionne explicitement un scandale de harcèlement viral et la pression des réseaux sociaux dans son synopsis.

Ce déplacement est probablement l’actualisation la plus évidente de l’histoire. Dans le roman et les précédentes adaptations, le groupe pouvait déjà transformer Carrie en cible collective. Un téléphone permet désormais à cette violence de sortir immédiatement du vestiaire, de la cafétéria ou du bal.

Une humiliation peut être filmée, reproduite, commentée et conservée.

Flanagan ne change donc pas nécessairement la nature de la cruauté décrite par King. Il change son rayon d’action.

Huit épisodes pour raconter ce qui précède la nuit que tout le monde connaît

Le format constitue l’autre différence majeure.

Brian De Palma racontait Carrie en moins de deux heures dans son film de 1976. Flanagan dispose ici de huit épisodes.

Amazon présente la série comme une extension du roman capable de développer davantage ses personnages et les petites décisions qui conduisent progressivement vers une nuit catastrophique.

Le défi est assez clair. Tout le monde ou presque connaît déjà l’image de Carrie couverte de sang lors du bal. La série doit donc rendre le trajet jusqu’à ce point plus intéressant que la simple attente du désastre.

Samantha Sloyan devient Margaret White

Face à Howell, Samantha Sloyan incarne Margaret White.

Le choix paraît presque trop naturel pour les spectateurs de Midnight Mass, où Sloyan jouait déjà Bev Keane, personnage dont le fanatisme religieux transformait la conviction morale en instrument de contrôle.

Margaret reste toutefois une relation bien différente. Son extrémisme religieux est indissociable de la manière dont elle élève Carrie, lui parle de son corps et tente de décider ce que sa fille a le droit de comprendre du monde.

Les nouvelles images montrent une mère moins construite comme une silhouette gothique isolée que comme une présence quotidienne capable d’enfermer Carrie tout en prétendant la protéger.

Flanagan ne réalise pas seul les huit épisodes

Mike Flanagan écrit la série, en est le showrunner et la produit.

Il réalise quatre épisodes.

Stephen King figure également parmi les producteurs exécutifs, et Amazon MGM Studios produit la série.

Cette précision permet aussi de corriger une simplification fréquente autour du projet : Carrie est bien une série de Flanagan, mais il ne signe pas personnellement la réalisation de chacun des huit chapitres.

Le lycée possède beaucoup plus de visages

Siena Agudong joue Sue Snell et Joel Oulette Tommy Ross.

Alison Thornton incarne Chris Hargensen, Arthur Conti Billy Nolan et Josie Totah Tina. Thalia Dudek joue Emaline.

Amber Midthunder reprend la figure de l’enseignante qui tente d’aider Carrie, ici nommée Miss Desjardin, tandis que Matthew Lillard joue le principal Grayle.

Ce casting beaucoup plus développé prend tout son sens avec le format sériel : les adolescents autour de Carrie peuvent exister avant de devenir simplement des participants ou des témoins de la catastrophe.

2026 marque aussi les cinquante ans du film de Brian De Palma

L’arrivée de la série coïncide avec un anniversaire difficile à ignorer.

Carrie de Brian De Palma est sorti en 1976 et fête donc cette année ses cinquante ans.

Sissy Spacek et Piper Laurie avaient toutes deux obtenu une nomination aux Oscars pour leurs interprétations de Carrie et Margaret White, installant durablement cette version dans l’histoire du cinéma d’horreur.

Flanagan doit ainsi adapter Stephen King tout en travaillant dans l’ombre d’une adaptation déjà devenue une référence.

Le vrai changement n’est peut-être pas la télékinésie

La nouvelle bande-annonce montre évidemment les pouvoirs de Carrie commencer à apparaître.

Mais cette partie du récit n’a jamais été la plus difficile à moderniser. Une adolescente capable de déplacer des objets par la pensée reste une idée parfaitement lisible cinquante ans plus tard.

Ce qui devait être repensé était tout ce qui l’entoure : la manière dont des adolescents fabriquent une cible, la vitesse à laquelle une rumeur devient publique et l’impossibilité de faire disparaître une humiliation une fois qu’elle a été partagée.

Les huit épisodes de Carrie arriveront sur Prime Video le 7 octobre.

Cette fois, lorsqu’une école entière décide de regarder Carrie White, Internet peut regarder avec elle.