Le studio italien 906 Games a dévoilé Cutout pendant la Gamescom le 26 août avec Big Blue Sky Games à l’édition.

Le pitch mécanique est immédiatement efficace : Lena peut arracher les bras et jambes de ses adversaires puis les greffer sur son propre corps.

Mais cette idée n’est pas isolée du reste de la production. Presque tout Cutout semble avoir été construit autour de la notion de bricolage.

Le monde veut ressembler à quelque chose fabriqué sur une table

Les personnages sont découpés dans du papier. Les décors utilisent visuellement carton, crayons, colle, aluminium et objets ordinaires.

906 Games parle d’un diorama artisanal, comme si le monde avait été assemblé avec ce que l’on pouvait retrouver dans un grenier ou un tiroir de bricolage.

Cette esthétique n'est pas seulement décorative. Le papier peut être déchiré ou brûlé, et les personnages eux-mêmes obéissent à cette fragilité.

Giulio Perez vient de la mode plutôt que d’une carrière classique dans le jeu

La direction artistique est supervisée par Giulio Perez, cofondateur de 906 Games.

Avant de travailler dans le jeu vidéo, Perez a passé plus d’une décennie dans la mode et a notamment travaillé avec des maisons comme Versace et Gucci, selon les éléments de présentation du projet.

Cette trajectoire donne un contexte assez logique à un jeu où le corps est littéralement recomposé à partir de pièces interchangeables.

Le costume devient ici anatomie : changer l’apparence de Lena signifie aussi changer ce qu’elle peut faire.

La musique cherche volontairement quelque chose de mal maîtrisé

Sergio Missaglia, autre cofondateur de 906 Games et compositeur de Cutout, suit une démarche comparable.

Formé classiquement, il explique avoir enregistré certaines compositions avec des instruments qu’il ne savait pas jouer. Il a également utilisé des instruments cassés récupérés dans des boutiques d’occasion.

L’objectif revendiqué est de retrouver une forme de naïveté sonore et d’obtenir une musique moins filtrée par les habitudes d’un compositeur formé.

Le résultat reste évidemment à juger sur le jeu complet, mais l’intention est cohérente avec un univers qui doit paraître construit avec des matériaux imparfaits.

Le studio met aussi en avant une production sans IA générative

906 Games a ajouté une précision inhabituelle dans son annonce : tous les assets de Cutout ont été créés par des personnes.

Le studio affirme qu’aucune IA générative n’a servi à produire l’art, l’animation, la musique ou l’écriture.

La déclaration prend ici une signification particulière parce que l’artisanat constitue déjà l’argument esthétique principal du jeu. Le projet ne cherche pas seulement à reproduire numériquement le résultat d’un collage ; il revendique aussi le processus humain derrière les éléments qui le composent.

Même le démembrement ressemble à du bricolage

La mécanique Cut & Paste permet à Lena de récupérer les membres des ennemis. Un bras peut apporter une attaque ; certaines jambes donnent de nouvelles capacités de mouvement.

Les adversaires peuvent à leur tour arracher une pièce à Lena et l’utiliser eux-mêmes.

Le corps n'est donc jamais complètement fixe. Il peut être démonté puis reconstruit comme le reste du décor.

Le choix évite aussi une partie de l’imagerie gore normalement associée au démembrement. Steam précise que les créatures se séparent comme des morceaux de papier, sans blessures réalistes ni sang.

Le conte sous le carton reste très sombre

Lena est la dernière enfant née d’une forêt en train de mourir. Un roi avait autrefois volé le cœur de cette forêt pour fabriquer un sceptre capable de contrôler le royaume.

Lorsque le roi meurt, Lena se lance à la recherche de cet objet avec l’espoir que son pouvoir puisse enfin lui donner la place que le village lui a toujours refusée.

Le joueur devra notamment choisir entre cette recherche d’acceptation et la restauration de la forêt.

Cutout ne ressemble donc pas à un bricolage pour enfants simplement devenu inquiétant. Il utilise volontairement les codes du travail manuel enfantin pour raconter quelque chose de beaucoup moins innocent.

Le papier ne sera déplié qu’en 2027

Cutout est prévu sur PC via Steam et Epic Games Store. La fiche Steam affiche désormais 2027 comme fenêtre de lancement.

Une première démo a été montrée aux visiteurs de la Gamescom, tandis que 906 Games prépare également des sessions de test fermées.

Le projet n’a pas encore besoin d’être immense pour attirer l’attention. Il lui suffit pour l’instant d’une image assez difficile à oublier : une enfant de papier qui arrache le bras d’un monstre, l’attache à son épaule et poursuit son chemin.