Il y a des associations qu'Hollywood peut annoncer sans avoir besoin d'expliquer longuement le programme. Jason Statham, Guy Ritchie, Londres et une histoire de vengeance : quatre éléments qui suffisent à évoquer un certain cinéma britannique, avec ses criminels bavards, ses mauvaises décisions et ses règlements de comptes rarement élégants. Netflix vient précisément de réunir ces ingrédients dans Dogfight, nouveau film écrit et réalisé par Ritchie.
L'annonce officielle, datée du 3 novembre 2026, confirme Statham dans le rôle principal et fixe le début du tournage au Royaume-Uni pour les premiers mois de 2027. L'histoire se déroulera dans les milieux criminels de Londres. Au-delà de cette orientation générale, Netflix ne dévoile ni synopsis détaillé, ni personnages, ni distribution complémentaire.
Le titre, Dogfight, est donc connu avant la nature exacte du conflit. On ignore encore qui cherchera à se venger, contre qui et pour quelles raisons. Ce manque d'informations laisse toute sa place à ce qui constitue aujourd'hui le véritable argument du projet : les retrouvailles de deux artistes dont les carrières se croisent depuis 1998.
Le Londres de Guy Ritchie, presque trente ans après
Arnaques, Crimes et Botanique avait fait découvrir Jason Statham au cinéma en 1998. Guy Ritchie y imposait déjà une manière de raconter les histoires de gangsters qui allait devenir immédiatement reconnaissable : plusieurs intrigues entrelacées, une galerie d'escrocs plus ou moins compétents, des dialogues rapides et une violence qui surgit souvent après une accumulation de situations absurdes.
Deux ans plus tard, Snatch poussait cette formule plus loin, avec ses boxeurs, ses diamants et ses criminels incapables de conserver longtemps le contrôle des événements. Statham occupait alors une place assez différente de celle qui allait le rendre célèbre dans Le Transporteur. Il n'était pas uniquement une machine à distribuer des coups. Il pouvait être dépassé, inquiet, ironique ou simplement coincé au milieu d'individus encore plus imprévisibles que lui.
C'est cette version de l'acteur qu'il serait particulièrement intéressant de retrouver. Le cinéma d'action a progressivement fait de Statham une figure de puissance presque imperturbable. Ritchie, lui, sait aussi exploiter son agacement, son humour sec et son rapport aux autres personnages. La promesse de Dogfight devient plus séduisante si le réalisateur redonne à son interprète autre chose qu'une succession d'adversaires à neutraliser.
La suite de leur collaboration n'a pas toujours emprunté le même chemin. Revolver, sorti en 2005, cherchait un registre plus psychologique et expérimental. Un homme en colère, en 2021, privilégiait au contraire une tonalité sombre et une violence méthodique, bien éloignées de la fantaisie criminelle des premiers films.
Operation Fortune : Ruse de guerre, sorti en 2023, retrouvait un terrain plus léger avec son mélange d'espionnage, d'action et de comédie. Dogfight pourrait emprunter plusieurs de ces directions. Pour le moment, sa description officielle de thriller de vengeance ne permet pas de déterminer si Ritchie privilégiera l'humour noir de ses débuts ou la brutalité plus froide de ses films récents.
Une septième collaboration, mais pas sept films déjà sortis
Netflix présente Dogfight comme le septième long-métrage réunissant Jason Statham et Guy Ritchie. Le décompte comprend les cinq films déjà sortis et Viva La Madness, leur sixième collaboration, dont la sortie reste à venir.
Ce dernier projet mérite d'ailleurs une précision. Viva La Madness adapte le roman de J. J. Connolly, auteur également de Layer Cake. Le film constitue un projet distinct de Dogfight, avec une distribution qui comprend notamment Vinnie Jones, Jason Isaacs et Camila Mendes. Sa production a précédé celle du nouveau thriller Netflix.
Le retour régulier du tandem a quelque chose d'assez singulier. Ritchie travaille avec des acteurs très différents et multiplie les productions, tandis que Statham a bâti une carrière internationale largement centrée sur les films d'action. Malgré leurs trajectoires, ils continuent de revenir à une collaboration dont le premier chapitre remonte aux débuts professionnels de chacun.
Cela ne veut pas dire que leurs films racontent tous la même histoire. Un homme en colère reposait sur le deuil, le secret et la vengeance, là où Snatch fonctionnait presque comme une mécanique comique lancée à pleine vitesse. La question de Dogfight sera précisément de savoir quelle place le cinéaste accordera aux personnages entre les scènes d'action.
Netflix retrouve un réalisateur déjà bien installé sur sa plateforme
Dogfight ne constitue pas la première collaboration de Guy Ritchie avec Netflix. Le réalisateur y a développé The Gentlemen, série dérivée de son film de 2019, qui transpose son goût pour les organisations criminelles britanniques dans un récit plus long. Le format télévisuel lui a notamment permis d'explorer les rapports de pouvoir et les alliances changeantes au sein de ce milieu.
Le retour de Ritchie vers un long-métrage d'action destiné à Netflix s'inscrit donc dans une relation déjà établie avec la plateforme. Pour Statham, en revanche, Dogfight marque une nouvelle étape dans un parcours où les projets destinés au cinéma et ceux portés par des distributeurs internationaux continuent de se multiplier.
Trois sociétés participent à la fabrication du film : Black Bear, Toff Guy Films et Punch Palace. Ritchie et Statham figurent personnellement parmi les producteurs, aux côtés d'Ivan Atkinson et John Friedberg. Le réalisateur conserve également l'écriture du scénario, ce qui lui donne la maîtrise de l'un des éléments essentiels de son cinéma : la construction des situations et des dialogues.
Aucune date de diffusion n'a été fixée. Netflix n'a pas davantage précisé si une exploitation en salles accompagnera éventuellement l'arrivée du film sur sa plateforme. Le tournage doit seulement commencer début 2027.
Ce que Dogfight n'a pas encore révélé
À ce stade, Dogfight ne dispose d'aucune bande-annonce ni d'images officielles issues du tournage. C'est logique : les prises de vues n'ont pas encore commencé. Les photographies des deux artistes et les images de leurs précédentes collaborations servent donc à illustrer l'annonce, pas à révéler l'apparence du nouveau film.
La distribution complète est également inconnue. Or le choix des seconds rôles pourrait être déterminant dans un récit installé dans le milieu criminel londonien. Chez Ritchie, les protagonistes les plus mémorables ne sont pas nécessairement ceux qui occupent le plus longtemps l'écran. Un personnage secondaire peut faire basculer une intrigue par une décision stupide, une loyauté mal placée ou une conversation qui tourne mal.
L'annonce ne précise pas non plus si Statham incarnera un criminel, un ancien membre du milieu ou un personnage extérieur entraîné dans une affaire de vengeance. Ce serait aller trop vite que de déduire son rôle du seul genre annoncé.
Le prochain rendez-vous concret se situe donc au début de l'année 2027, lorsque la production doit démarrer au Royaume-Uni. Netflix n'a pas encore communiqué de calendrier de sortie pour Dogfight.