Arc System Works a sorti Donutal le 3 septembre sur PC. Son décor est une ancienne Station spatiale internationale devenue port d'entrée vers la Terre, désormais fréquentée par suffisamment d'espèces extraterrestres pour justifier un service administratif dédié.

Le protagoniste y est nommé responsable du contrôle après avoir passé 150 ans en sommeil cryogénique. Il découvre un monde qu'il ne connaît plus très bien et doit immédiatement juger ceux qui veulent y entrer.

Le premier contact est devenu une procédure d'immigration

C'est probablement le déplacement le plus amusant du concept. Les extraterrestres ne représentent pas une seule catégorie narrative. Le matériel officiel cite des touristes, des étudiants et des visiteurs qui peuvent apporter à la Terre des connaissances ou technologies utiles.

D'autres cherchent à immigrer ou demandent l'asile. Il existe aussi des candidats aux intentions dangereuses et des criminels potentiels.

Tout le problème de Donutal est que ces catégories ne sont pas écrites sur leur front.

Le joueur doit donc écouter les conversations et construire un jugement. Un groupe peut comporter jusqu'à huit candidats, avec la possibilité d'en convoquer deux à la fois afin d'observer ce que leur présence mutuelle change.

Les relations rendent le témoignage instable

Arc System Works donne quelques exemples très simples : deux amoureux ne se comportent pas comme deux inconnus, et des espèces historiquement hostiles peuvent réagir différemment lorsqu'elles se retrouvent dans la même salle.

Cette mécanique place une partie de l'identité des personnages dans leurs relations. Une réponse n'existe pas complètement seule ; elle dépend aussi de celui qui l'entend.

DOLPHIN, l'androïde assistant du protagoniste, aide à comprendre les procédures mais ne dispose d'aucune autorité morale pour décider à sa place. Le jeu garde donc la responsabilité du jugement du côté humain — ou de ce qu'il reste d'humain après 150 ans au congélateur.

La Terre a besoin de ceux dont elle se méfie

Le contexte évite une opposition trop confortable entre sécurité et générosité. La Terre connaît des problèmes importants, et certains visiteurs disposent précisément des moyens scientifiques ou technologiques susceptibles de les résoudre.

Refuser systématiquement l'inconnu peut donc être aussi mauvais qu'accorder sa confiance à tout le monde.

L'espèce Pictor illustre directement cette tension. Arc System Works la présente comme technologiquement très supérieure à l'humanité et potentiellement capable d'apporter des réponses à des difficultés anciennes. D'autres relations interespèces sont beaucoup moins pacifiques.

Les conséquences arrivent dans les informations du matin

Chaque journée se termine par des décisions d'admission. Le lendemain, les nouvelles montrent comment ces choix ont modifié la planète.

Le procédé installe une distance assez bureaucratique entre la décision et son résultat. Le candidat quitte le guichet ; la catastrophe éventuelle apparaît plus tard sous forme de reportage.

Certaines conséquences sont annoncées comme irréversibles. Plusieurs fins sont également prévues, et le sort de la Terre dépend de l'ensemble des contrôles effectués.

Un monde futur évalué depuis une petite salle

Donutal ne cherche pas son ampleur dans l'exploration spatiale. Une grande partie de son univers passe au contraire par les personnes placées de l'autre côté d'une vitre et par les choses qu'elles acceptent de raconter.

Le jeu est disponible pour 9,99 dollars sur Steam, avec anglais et japonais parmi les langues annoncées. Les premiers acheteurs peuvent récupérer une bande originale de 13 morceaux pendant une période limitée.

En 2206, le destin de la Terre peut apparemment encore dépendre d'un entretien administratif mal mené.