Serenity Forge a dévoilé Faraday Blues au Tokyo Game Show pendant la présentation Xbox. Le jeu suivra Lina en 2027 sur PlayStation 5, Xbox Series et PC.
Lina cherche ses parents. Eux ne savent même pas qu'ils ont une fille.
Entre les deux se trouve un appartement étrange, un ordinateur ancien et un plateau capable de reconfigurer des moments de leur histoire.
Les cartes sont des personnes avant d'être des mécaniques
Le dispositif ressemble initialement à celui d'un jeu de stratégie. Une pioche, des emplacements, des états, des objets et des règles déterminent qui se trouve où et à quel moment.
Mais les unités sont des membres d'une famille. Le coût d'un mauvais placement n'est pas la perte de cinq points de vie : quelqu'un peut manquer une conversation, ne jamais créer une relation ou être absent lorsqu'une catastrophe se produit.
C'est cette collision qui donne immédiatement une identité au projet. Faraday Blues utilise le vocabulaire froid d'un système pour manipuler des événements qui, eux, restent intimes.
Trois époques, trois manières de regarder la même famille
Le jeu est constitué de trois visual novels reliées entre elles. Serenity Forge donne à chacune une esthétique et un langage visuel distincts plutôt que de simplement changer la date dans un coin de l'écran.
Ce qui arrive dans la première époque modifie directement les possibilités de la seconde. La troisième hérite ensuite de tout ce qui a survécu : relations, souvenirs, objets, traumatismes et états des personnages.
Cette construction transforme la famille Faraday en sorte d'archive vivante où chaque génération reçoit les décisions prises auparavant, même lorsqu'elle n'en connaît pas l'origine.
La science-fiction parle ici moins du temps que du regret
Zhenghua Yang présente Faraday Blues comme une histoire très personnelle. Son point de départ vient de ces moments que l'on continue à réécrire mentalement alors même qu'on sait parfaitement qu'ils ne peuvent plus changer.
Le jeu rend cette pulsion concrète, puis la rend dangereuse.
Une timeline améliorée sous un angle peut être pire sous un autre. Sauver une personne ne garantit pas d'avoir sauvé la famille. Une conclusion apparemment heureuse peut changer de sens une fois son coût compris.
64 fins donnent surtout 64 façons de ne pas être complètement satisfait
Serenity Forge annonce 64 fins. Le studio précise explicitement que la plupart ne sont pas des victoires.
Certaines voies restent également impossibles jusqu'à ce que Lina comprenne suffisamment bien les personnages pour manipuler le passé autrement. Cela donne au recommencement une fonction différente de celle d'une simple chasse aux endings.
On ne recommence pas uniquement parce que le joueur veut voir une autre scène. Lina recommence parce qu'elle croit encore pouvoir fabriquer une réalité qui mérite d'être conservée.
Satchely, Slay the Princess et Cyanide & Happiness autour de la même table
La composition de l'équipe ajoute un autre croisement étrange. Satchely, connue pour son travail sur les personnages de Doki Doki Literature Club, est co-créatrice et lead artist. Kevin Ye dirige la narration.
Nichole Goodnight, qui interprète la Princess dans Slay the Princess, fait partie du casting vocal. Kris Wilson, créateur de Cyanide & Happiness, travaille sur la musique.
Ces références peuvent facilement faire vendre Faraday Blues comme un assemblage de sensibilités internet et de visual novels cultes. Le concept paraît pourtant plus cohérent lorsqu'on oublie ces noms : c'est une histoire familiale présentée comme un système que l'on croit pouvoir réparer.
Il existe même une quatrième réalité derrière les trois premières
Serenity Forge annonce trois époques principales et 64 conclusions, mais son descriptif officiel mentionne aussi une quatrième timeline cachée.
Elle nécessitera des conditions spécifiques et doit permettre de découvrir les intentions d'un mystérieux trillionnaire avant d'altérer la réalité à une échelle encore plus large.
Faraday Blues est prévu en 2027. Le jeu aura alors une dernière question à poser au joueur : après combien de versions d'une famille accepte-t-on enfin d'arrêter de toucher au passé ?