Entre mai et août 2026, les cinémas américains et canadiens ont généré environ 4,6 milliards de dollars de recettes. Reuters rapporte une hausse de 26 % par rapport à l'été 2025 ; Associated Press, à partir des chiffres Comscore, situe précisément la progression à 26,1 % et les recettes à 4,61 milliards.

C'est le meilleur été depuis 2013 selon AP. La comparaison est importante : le marché ne vient donc pas seulement de dépasser les exercices perturbés par le Covid puis les conséquences des grèves de 2023.

Il retrouve enfin un niveau qui commence à ressembler aux gros étés de l'avant-pandémie.

Spider-Man, Nolan et Pixar ont fait une grosse partie du travail

Trois titres apparaissent au sommet de cette saison : Spider-Man: Brand New Day, The Odyssey et Toy Story 5.

Le Spider-Man de Tom Holland a transformé juillet en démonstration de force pour Sony et Marvel. The Odyssey a fait quelque chose d'un peu différent : Christopher Nolan a vendu Homère comme un événement populaire mondial tout en poussant très fortement le public vers les écrans premium.

Toy Story 5 avait déjà démarré avec 160 millions de dollars aux États-Unis et 312 millions dans le monde lors de son premier week-end, selon Disney. Une franchise de trente ans capable d'ouvrir à ce niveau reste une sacrée assurance pour les exploitants.

Mais réduire l'été à trois logos serait rater ce qui intéresse davantage les studios.

Les jeunes sont réellement retournés en salle

Reuters et AP soulignent particulièrement le poids retrouvé de la génération Z. Les 14-29 ans figurent désormais parmi les groupes allant le plus souvent au cinéma, alors qu'une partie de l'industrie craignait depuis plusieurs années que ce public ait simplement pris l'habitude définitive d'attendre le streaming.

Ce retour n'est pas limité aux super-héros. Le public jeune s'est déplacé pour de l'horreur, de grandes franchises, des films de cinéastes identifiés et quelques phénomènes beaucoup moins faciles à prédire.

Des titres comme Backrooms et Obsession ont ainsi participé à la saison. Ils n'ont évidemment pas les recettes d'un Spider-Man, mais ils donnent aux salles quelque chose de précieux : des succès qui ne demandent pas systématiquement 200 millions de dollars de production.

Les femmes ont aussi changé la physionomie de l'été

Le retour du public féminin apparaît dans plusieurs succès de la période. The Devil Wears Prada 2 fait partie des films cités par Reuters dans cette dynamique.

Le point n'est pas anecdotique. Pendant des années, les studios ont largement organisé les calendriers estivaux autour de franchises d'action supposées attirer prioritairement les hommes jeunes. Un été plus équilibré démographiquement permet surtout d'éviter que six films très similaires se disputent le même spectateur.

La variété du calendrier 2026 semble avoir mieux fonctionné.

The Odyssey a transformé IMAX en attraction à part entière

Le cas The Odyssey mérite presque d'être séparé du reste. Christopher Nolan a tourné le film intégralement avec des caméras IMAX argentiques, une première pour un long métrage de cette ampleur.

Son ouverture avait généré 52 millions de dollars en IMAX dans le monde, soit 20 % du démarrage global selon la société. Moins d'un mois plus tard, IMAX annonçait déjà 289 millions pour le film et son nouveau record historique.

Le format premium ne sert donc plus uniquement à ajouter quelques dollars au prix moyen du billet. Pour certains films, il devient une raison de choisir la salle, une date précise et parfois même un cinéma situé beaucoup plus loin.

Les projections 70 mm de The Odyssey l'ont montré très clairement cet été.

Le nombre de gros films n'a pourtant pas retrouvé son niveau de 2019

Voilà la réserve qui empêche de parler d'un retour complet à l'ancien Hollywood. AP compte 34 sorties larges pendant l'été 2026, contre 44 sur la même période en 2019.

Les salles ont donc généré beaucoup plus avec un calendrier encore moins fourni qu'avant la pandémie.

Pour les exploitants, c'est encourageant et frustrant à la fois. Un film événement peut remplir les multiplexes pendant plusieurs semaines ; les semaines creuses ne disparaissent pas pour autant lorsqu'il manque dix grosses sorties au calendrier.

Le vieux débat cinéma contre streaming devient un peu moins simple

Les résultats 2026 montrent surtout que le public n'a pas abandonné la salle par principe. Il devient beaucoup plus sélectif.

Un film facilement perçu comme interchangeable avec ce qui arrivera quelques semaines plus tard sur une plateforme a davantage de mal à justifier le déplacement. Nolan, une séance IMAX 70 mm ou un véritable phénomène collectif proposent au contraire une expérience que le salon reproduit difficilement.

Cela ne sauve pas automatiquement toutes les franchises. L'été a également connu des contre-performances, dont Supergirl. Le rebond général masque donc encore des écarts énormes entre les films.

Les 10 milliards annuels redeviennent envisageables

Les analystes cités par Reuters estiment désormais que le box-office domestique 2026 pourrait dépasser 10 milliards de dollars sur l'ensemble de l'année, un seuil que le marché américain n'a plus franchi depuis 2019.

La fin d'année possède encore Avengers: Doomsday et Dune: Part Three, tous deux prévus en décembre.

L'été a déjà fourni l'essentiel du signal que les studios attendaient : quand les films donnent une raison claire de sortir de chez soi, le public sait toujours très bien où se trouve un cinéma.