Metal Gear Solid: Master Collection Vol. 2 est sorti le 27 août. Pour la première fois depuis 2008, Guns of the Patriots est officiellement jouable ailleurs que sur PlayStation 3.

Ce retour remet surtout à disposition un épisode impossible à séparer de tout ce qui le précédait. Solid Snake y est vieux, malade et rattrapé par une galerie de personnages, d'idées et de conflits que la série empilait depuis des années.

MGS4 était conçu comme une fin, parfois jusqu'à l'épuisement

La guerre de Guns of the Patriots est devenue une industrie dominée par des sociétés militaires privées. Les soldats, leurs armes et une partie de leurs réactions physiques sont intégrés à des systèmes de contrôle. Liquid Ocelot veut retourner cette infrastructure contre l'ordre qui l'a créée.

En 2008, Metal Gear poussait déjà très loin ses obsessions habituelles sur les réseaux, l'information, la privatisation de la violence et le contrôle technologique. Certaines idées ont vieilli, d'autres un peu moins confortablement.

L'épisode reste surtout incroyablement dépendant de son passé. Une grande partie de son récit existe pour fermer des arcs commencés dans Metal Gear Solid, Sons of Liberty ou Snake Eater. Pour quelqu'un qui débarque sans bagage, la compilation ne rendra pas cette montagne de références plus légère.

Peace Walker raconte la fabrication d'un autre héritage

Vol. 2 place à côté de cette conclusion un épisode consacré à Big Boss. Peace Walker se situe dix ans après l'opération Snake Eater et suit la construction de sa force militaire indépendante.

Le contraste fonctionne bien. MGS4 montre un monde où la guerre privatisée est devenue un système gigantesque ; Peace Walker revient à une étape où une armée privée est encore présentée comme une réponse à l'autorité des États.

Les mécaniques de Mother Base et de recrutement rendent cette évolution directement visible dans le jeu, bien avant que Metal Gear Solid V ne les transforme en l'un de ses grands systèmes.

Ghost Babel rappelle que Metal Gear a aussi vécu ailleurs

L'autre curiosité est Metal Gear: Ghost Babel, proposé comme bonus. L'épisode Game Boy Color de 2000 ne s'inscrit pas dans la continuité principale et fonctionne davantage comme une branche alternative de l'univers.

Sa présence donne au volume une silhouette assez étrange : une production PS3 gigantesque, un jeu PSP structurant pour la suite de la série et une aventure portable 8-bit longtemps restée dans un coin du catalogue.

La collection ajoute des archives, des Screenplay Books, des Master Books et la Database de MGS4. Pour une saga qui n'a jamais vraiment cessé de parler de mémoire, d'héritage et de transmission, le travail d'archivage fait presque partie du sujet.