Les nouvelles images de tournage donnent une indication beaucoup plus concrète sur l'ampleur du projet Beatles de Sam Mendes.

Harris Dickinson, Joseph Quinn et Barry Keoghan ont été aperçus près de Marylebone Station à Londres dans des costumes du début des années 1960, poursuivis par des figurants incarnant des fans en pleine Beatlemania.

La scène est immédiatement reconnaissable : elle reprend l'ouverture de A Hard Day's Night, le film de Richard Lester sorti en 1964.

John, George et Ringo recommencent à courir

Dans le film original, John Lennon, George Harrison et Ringo Starr traversent rues et gare à toute vitesse pour échapper à une foule de jeunes admiratrices avant de rejoindre leur train.

Harris Dickinson reprend ici les mouvements de Lennon, Joseph Quinn ceux de Harrison et Barry Keoghan ceux de Starr.

Paul Mescal, qui joue Paul McCartney, n'était pas visible pendant cette prise précise.

Son absence n'a cependant rien d'étrange lorsqu'on regarde A Hard Day's Night : l'ouverture elle-même est construite autour de Lennon, Harrison et Starr avant que McCartney ne rejoigne le groupe autrement.

Mendes ne recrée pas seulement le film de 1964, mais aussi ce qui s'est passé autour

Le tournage britannique a également reproduit un autre moment lié à A Hard Day's Night.

Les quatre acteurs ont été vus à Liverpool pour rejouer le retour des Beatles dans leur ville natale lors de la première du film en juillet 1964.

Le véritable groupe avait été accueilli par plusieurs milliers de personnes dès son arrivée à l'aéroport de Speke avant de traverser Liverpool et d'apparaître au balcon du Town Hall devant une foule immense.

Paul Mescal, Harris Dickinson, Joseph Quinn et Barry Keoghan ont tourné cette séquence ensemble.

La Beatlemania semble devenir un personnage à part entière

Ces deux scènes ont quelque chose en commun : elles montrent moins les Beatles en train de composer ou d'enregistrer que les Beatles pris dans la mécanique de leur propre célébrité.

A Hard Day's Night transformait déjà cette réalité en comédie. Le groupe passait son temps à courir, se cacher, répondre aux journalistes et tenter de conserver quelques minutes de liberté au milieu d'une machine médiatique devenue gigantesque.

Reprendre cette ouverture permet donc à Mendes de représenter la Beatlemania sans avoir besoin de l'expliquer par un dialogue.

Trois jeunes hommes sortent dans la rue et une foule se met immédiatement à courir derrière eux : en quelques secondes, le rapport entre le groupe et le monde extérieur est établi.

Le projet a déjà recréé Abbey Road

Ce n'est pas la première image iconique reproduite pendant le tournage.

En août, les quatre acteurs avaient été filmés en train de traverser le passage piéton d'Abbey Road dans la composition devenue la pochette de l'album de 1969.

Le contraste entre les deux reconstitutions est intéressant.

A Hard Day's Night représente l'explosion de la Beatlemania en 1964. Abbey Road appartient presque à l'autre extrémité de l'histoire, lorsque le groupe approche de sa séparation.

Le tournage semble donc naviguer sur plusieurs périodes en parallèle plutôt que suivre strictement la chronologie publique de la carrière.

Quatre films, quatre regards sur les mêmes événements

The Beatles – A Four-Film Cinematic Event n'est pas conçu comme un biopic de groupe traditionnel.

Mendes réalisera quatre longs métrages distincts : un centré sur John Lennon, un sur Paul McCartney, un sur George Harrison et un sur Ringo Starr.

Les films doivent s'entrecroiser pour raconter une même histoire selon des perspectives différentes.

Ce principe rend justement les grandes scènes collectives comme A Hard Day's Night particulièrement intéressantes.

Sony et Mendes n'ont pas expliqué si une même scène apparaîtra plusieurs fois dans différents films ou si chaque événement collectif sera attribué à un seul point de vue. Mais la structure annoncée permet au minimum de revisiter les mêmes périodes avec des priorités différentes.

Le casting principal est désormais très largement constitué

Harris Dickinson incarne John Lennon, Paul Mescal joue Paul McCartney, Joseph Quinn devient George Harrison et Barry Keoghan interprète Ringo Starr.

Autour d'eux, Saoirse Ronan joue Linda McCartney, Anna Sawai interprète Yoko Ono, Aimee Lou Wood est Pattie Boyd et Mia McKenna-Bruce joue Maureen Starkey.

James Norton a été choisi pour Brian Epstein, Harry Lloyd pour George Martin, Lucy Boynton pour Jane Asher, Morfydd Clark pour Cynthia Lennon et Farhan Akhtar pour Ravi Shankar.

Ben Schwartz incarne également le célèbre animateur radio américain Murray the K.

Les Beatles ont donné accès à leurs histoires et à leur musique

Le projet bénéficie d'une position rare pour un biopic musical.

Apple Corps, Paul McCartney, Ringo Starr et les familles de John Lennon et George Harrison ont accordé les droits sur les histoires personnelles et la musique du groupe pour les films.

Selon l'annonce officielle, c'est la première fois que ces droits complets sont accordés pour une œuvre de fiction cinématographique consacrée aux Beatles.

Cette autorisation permet évidemment au projet d'aller beaucoup plus loin qu'une biographie obligée de contourner les chansons ou certains épisodes personnels.

Trois scénaristes se répartissent les quatre films

Jez Butterworth, Peter Straughan et Jack Thorne écrivent les quatre scénarios.

Sam Mendes réalise l'ensemble et produit avec Pippa Harris, Julie Pastor et Alexandra Derbyshire.

Neal Street Productions produit en association avec Apple Corps, tandis que Sony Pictures finance et distribuera les quatre films mondialement.

Le tournage se poursuit au Royaume-Uni après plusieurs mois de prises de vues sur différents lieux associés à l'histoire du groupe.

La sortie reste prévue pour avril 2028

Sony prévoit toujours de sortir les quatre longs métrages au cinéma en avril 2028.

Mendes a présenté l'ensemble comme une expérience cinématographique pensée pour pouvoir être suivie presque comme une série, mais exclusivement en salles lors de son lancement.

Il faudra encore attendre pour comprendre exactement comment les quatre films seront ordonnés et espacés.

En attendant, le tournage dévoile progressivement sa méthode : plutôt que réduire les Beatles à leurs chansons les plus connues, Mendes semble vouloir reconstruire les moments où leur simple présence suffisait à transformer une rue, une gare ou une ville entière en événement.