Her Private Hell arrive dans les salles françaises mercredi 23 septembre, distribué par The Jokers Films.

Sophie Thatcher incarne Elle, une jeune femme troublée qui part à la recherche de son père alors qu'une mystérieuse brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle.

Son parcours croise celui de Private K, soldat américain interprété par Charles Melton, qui poursuit une quête différente mais tout aussi désespérée : retrouver sa fille.

Refn retrouve le cinéma après dix ans d'absence

The Neon Demon était sorti en 2016. Depuis, Nicolas Winding Refn n'avait pas complètement disparu : il avait réalisé les séries Too Old to Die Young et Copenhagen Cowboy, tout en poursuivant différents projets autour de son univers visuel.

Her Private Hell marque néanmoins son retour au long métrage destiné aux salles, et le film ressemble immédiatement à une concentration de ce qui rend son cinéma reconnaissable.

Couleurs saturées, personnages souvent figés dans des compositions extrêmement contrôlées, violence brutale et récit plus intéressé par le cauchemar que par la logique réaliste : Refn ne semble pas revenir pour devenir soudainement discret.

La brume cache plusieurs histoires

Le synopsis français met surtout en avant Elle et Private K, mais le film élargit rapidement son dispositif autour d'un groupe de jeunes femmes évoluant dans le même environnement.

Havana Rose Liu, Kristine Frøseth, Shioli Kutsuna et d'autres interprètes gravitent autour d'un récit où apparaît également un mystérieux tueur surnommé Leather Man.

Dougray Scott et Diego Calva figurent eux aussi au casting.

La structure n'est donc pas celle d'un simple film de survie dans lequel deux personnages traversent un brouillard rempli de monstres. Refn empile plusieurs trajectoires et les fait se rejoindre dans une ville qui tient davantage du purgatoire pop que de la métropole crédible.

Le réalisateur appelle lui-même ça de la « dadsploitation »

Refn a expliqué que le film avait été fortement nourri par son expérience de père et par une grave opération cardiaque subie en 2023.

Après avoir traversé cette période, il dit avoir retrouvé une envie de cinéma qu'il pensait en partie épuisée. Her Private Hell est devenu une manière de transformer ses angoisses liées à la protection de ses enfants en fantasme de genre.

Il a même utilisé le terme de « dadsploitation » pour décrire cette dimension du film : un père prêt à traverser littéralement l'enfer pour récupérer sa fille.

Sous les lumières roses et bleues, il y a donc une inquiétude très personnelle.

Sophie Thatcher continue son parcours dans le cinéma de genre

Le choix de Sophie Thatcher correspond parfaitement au projet. Après Yellowjackets, Heretic et Companion, l'actrice s'est progressivement installée dans un registre où personnages fragiles, menaces imprévisibles et horreur psychologique se mélangent régulièrement.

Charles Melton arrive d'un registre différent, après avoir notamment attiré l'attention avec May December. Refn utilise ici son physique et son calme pour construire Private K comme une figure presque mythologique de soldat en mission.

Le contraste entre Thatcher et Melton alimente une bonne partie de l'étrangeté du film : deux personnages appartenant presque à deux récits différents qui finissent aspirés par le même cauchemar.

Cannes a déjà annoncé la couleur

Her Private Hell a été présenté hors compétition au Festival de Cannes 2026. Le passage sur la Croisette a confirmé quelque chose d'assez prévisible avec Refn : les réactions sont divisées.

Le film privilégie l'atmosphère, le symbole et les sensations plutôt qu'un récit explicatif très classique. Ceux qui attendent un thriller de science-fiction parfaitement balisé risquent donc de trouver le voyage déconcertant.

À l'inverse, le réalisateur assume exactement ce positionnement. Refn a répété qu'il préfère provoquer une réaction forte, positive ou négative, plutôt qu'obtenir une approbation générale.

Un film de 1 h 50 interdit aux moins de 12 ans

Her Private Hell dure 110 minutes. En France, le film est interdit aux moins de 12 ans.

The Jokers Films le lance le 23 septembre, tandis que plusieurs marchés internationaux le découvrent dans la même période.

Après dix ans sans nouveau long métrage de Refn en salles, la question n'est donc pas de savoir s'il a adouci son cinéma. Tout indique plutôt le contraire.