Il aura fallu un peu plus de deux mois après la fin de la première saison. Le 3 septembre, lors d'une présentation des nouveaux programmes de Prime Video au Japon, la production d'une suite de NIPPON SANGOKU: The Three Nations of the Crimson Sun a été officiellement annoncée.
Pas de date. Pas même de confirmation qu'il s'agira formellement d'une « saison 2 ». L'annonce parle simplement d'une continuation en production, et cette prudence compte : film, nouvelle saison ou autre format, rien n'est encore précisé.
Une chose est en revanche déjà visible. La courte vidéo dévoilée pour l'occasion montre un Aoteru Misumi plus âgé que celui qui terminait les douze premiers épisodes.
Le manga a doublé ses ventes en un mois
La rapidité de l'annonce paraît beaucoup moins surprenante lorsqu'on regarde ce qui s'est passé depuis avril. Au lancement de l'anime, le manga de Ikka Matsuki venait de franchir le million d'exemplaires en circulation. Un mois plus tard, il dépassait les deux millions selon Twin Engine.
Doubler ce chiffre aussi vite pour une série qui ne faisait pas partie des mastodontes historiques du manga japonais est probablement le meilleur argument imaginable pour ne pas ranger l'adaptation après douze épisodes.
Prime Video possède également ses propres raisons de continuer. Amazon MGM Studios coproduit l'anime, et la première saison a été la nouvelle série animée lancée en avril la plus regardée sur Prime Video au Japon pendant son premier mois, selon les données communiquées par la production. Nippon Sangoku est également entré dans le Top 10 mondial de Prime Video.
Un Japon détruit qui recommence son histoire à zéro
Le concept aide beaucoup. Nippon Sangoku ne part ni d'un isekai ni d'une école magique : la civilisation japonaise s'est effondrée après une combinaison de guerre nucléaire, de catastrophes naturelles et de gouvernements désastreux.
Le territoire finit divisé entre trois États rivaux. Aoteru Misumi, petit fonctionnaire agricole au début de l'histoire, décide alors de réunifier le Japon. Son arme principale n'est pas une capacité surnaturelle mais sa connaissance, sa mémoire et surtout une aptitude assez redoutable à parler aux gens.
Le parallèle avec les récits des Trois Royaumes chinois est assumé jusque dans le titre. L'anime le mélange à une sorte de grande chronique politique japonaise post-apocalyptique : administrations, armées, alliances, ambitions personnelles et personnages qui commencent comme de simples rouages avant de devenir des figures historiques.
La première saison n'avait justement raconté que le début
Les douze épisodes diffusés entre avril et juin ont notamment conduit Aoteru au cœur du conflit entre Yamato et Seii. Le dernier épisode allait jusqu'à la chute de Seii, mais certainement pas jusqu'à la réunification du Japon promise dès le principe de la série.
La vidéo de la suite repart d'ailleurs de plusieurs moments de cette première étape avant de dévoiler le protagoniste plus âgé. La progression temporelle n'a rien d'anecdotique dans une œuvre pensée comme la chronique de l'homme qui deviendra plus tard un grand stratège.
Ikka Matsuki l'a formulé avec une image assez bien choisie : la première série n'aurait fait qu'allumer une étincelle qui doit maintenant devenir un feu capable de bouleverser l'époque.
Studio Kafka a encore beaucoup de pays à réunifier
La première saison était réalisée par Kazuaki Terasawa chez Studio Kafka, avec Teruko Utsumi à la composition de la série, Takahiko Abiru au character design et à la direction générale de l'animation, et Kevin Penkin à la musique.
L'annonce de septembre ne confirme pas encore si toute cette équipe reviendra pour la suite. Même chose pour le calendrier. C'est assez logique : annoncer la production maintenant permet surtout de dire que l'histoire continuera sans promettre un rendez-vous que le studio ne pourrait pas tenir.
Kensho Ono doublait Aoteru, aux côtés notamment de Jun Fukuyama, Asami Seto, Kazuhiro Yamaji et Yuichi Nakamura. Prime Video diffuse par ailleurs la série internationalement avec plusieurs doublages, dont une piste française.
Le succès le plus intéressant est peut-être celui du manga
Les adaptations d'anime existent aussi pour faire vendre leur œuvre d'origine. Nippon Sangoku fournit presque une démonstration scolaire de ce mécanisme, mais sur une licence qui n'était pas encore installée au niveau des grands phénomènes du secteur.
Le manga, lancé en 2021 sur MangaONE et Ura Sunday, avait déjà reçu plusieurs distinctions et nominations avant l'anime. La télévision lui a donné autre chose : une accélération commerciale suffisamment brutale pour faire passer son tirage cumulé d'un à deux millions en quelques semaines.
La suite n'a pour le moment ni date ni format. Pour une série qui raconte un homme construisant patiemment une nouvelle nation, c'est presque amusant : son adaptation, elle, vient de conquérir son deuxième territoire beaucoup plus vite.