Après près de douze ans d'activité, Polyarc met fin au développement actif. Dans son message de fermeture, le studio remercie son équipe et les joueurs, puis oriente directement les entreprises qui recrutent vers ses employés désormais disponibles.
GeekWire chiffre à 29 le nombre de personnes concernées par cette fermeture et inclut dans ce groupe les cofondateurs Tam Armstrong, Danny Bulla et Chris Alderson.
Aucun repreneur, aucune procédure particulière et aucune raison supplémentaire n'ont été annoncés publiquement au 12 septembre.
Le premier signal public remontait au 31 mars
Polyarc avait alors annoncé une réduction majeure de ses effectifs. La formulation était exceptionnellement claire : un projet important avait été annulé et l'équipe n'était pas parvenue à trouver le financement nécessaire pour compenser cette perte.
UploadVR a ensuite rapporté que le financement du projet avait disparu en décembre 2025 et qu'une tentative de trouver un éditeur tiers n'avait pas abouti. Selon l'ancien directeur DevOps Alex Holodak cité par le média, environ deux tiers de l'équipe avaient été licenciés.
GeekWire estimait alors l'effectif autour de 52 personnes avant la réduction.
La diversification avait pourtant commencé bien avant la crise
Polyarc avait levé 3,5 millions de dollars dès 2016 pour développer Moss, puis 9 millions supplémentaires en 2020 lors d'un tour de financement mené par Hiro Capital avec Vulcan Capital et Galaxy Interactive.
Cette deuxième opération devait permettre au studio de développer plusieurs projets et d'élargir ses compétences au-delà de la seule VR, notamment vers la réalité augmentée.
L'histoire des années suivantes montre toutefois la difficulté d'élargir cette base. Glassbreakers: Champions of Moss devait installer Polyarc dans le multijoueur. Après sa bêta ouverte, le studio reconnaissait lui-même qu'un modèle free-to-play nécessitait un flux de contenu difficile à maintenir pour une petite équipe travaillant en parallèle sur plusieurs projets.
The Forgotten Relic ressemblait à une nouvelle porte d'entrée
En mai 2026, Polyarc annonçait une réinterprétation complète des aventures de Quill destinée aux écrans traditionnels. The Forgotten Relic réunissait les deux Moss et Twilight Garden sans demander de casque VR.
Danny Bulla expliquait alors que cette décision devait permettre de toucher ceux qui n'avaient jamais pu essayer la série et contribuer à assurer la capacité de Polyarc à continuer de produire des jeux.
Le projet a finalement été lancé le 16 juillet à 19,99 dollars sur Steam et plusieurs consoles. Il avait dépassé 100 000 wishlists avant sa sortie et conserve une évaluation utilisateurs très positive sur Steam.
Commercialement, Polyarc n'a fourni aucun chiffre permettant d'établir si ces ventes ont été suffisantes ou non. Relier directement les performances du jeu à la fermeture serait donc spéculatif.
La fermeture arrive alors que le produit était encore entretenu
Le 3 septembre, Polyarc publiait Play Together, une mise à jour gratuite ajoutant de la coopération locale à The Forgotten Relic.
Une semaine plus tard, le développement actif est arrêté.
Cette proximité illustre une réalité moins visible des fermetures de studios : un jeu peut encore recevoir du contenu et afficher une réception positive sans que la société qui le produit dispose pour autant des financements nécessaires à son projet suivant.
Polyarc faisait partie d'un écosystème VR déjà secoué
Les licenciements de mars s'inscrivaient dans une année particulièrement difficile pour plusieurs studios spécialisés dans la réalité virtuelle. UploadVR relevait alors des réductions d'effectifs ou fermetures touchant notamment des équipes de Meta, nDreams, Mighty Coconut et Cloudhead Games.
Polyarc n'était pourtant plus exclusivement dépendant de la VR au moment de fermer. The Forgotten Relic constituait précisément une tentative de transférer son IP la plus connue vers le PC, les consoles traditionnelles et les machines portables.
C'est peut-être ce qui rend la fermeture plus révélatrice que l'explication facile d'un « problème de VR ». Le studio avait commencé à diversifier ses plateformes. Son problème public le plus clairement documenté restait celui du financement d'un projet annulé.
Une fermeture, mais encore plusieurs inconnues
Le communiqué ne détaille ni le devenir juridique de Polyarc ni celui de ses propriétés intellectuelles.
Il ne précise pas non plus qui assurera à long terme le support de The Forgotten Relic ou si un autre acteur pourrait exploiter Moss à l'avenir.
La seule conclusion que Polyarc formule lui-même est définitive pour son équipe actuelle : son travail est terminé.
Pour un studio fondé afin d'explorer les possibilités encore balbutiantes de la VR et qui venait juste de reconstruire son jeu le plus connu pour s'en affranchir, la dernière transition aura été beaucoup plus brutale que prévu.