Un monde où la mort est encore une ressource comme une autre

La singularité de Graveyard Keeper tient toujours dans le décalage entre sa présentation chaleureuse et ce qu'il demande réellement de faire. Cultiver un potager ou réparer un bâtiment peut côtoyer l'extraction de peau, de graisse, de sang ou d'autres parties d'un cadavre.

Try Hard Guides insiste sur cette contradiction et sur le sourire légèrement coupable que produit le jeu lorsqu'il transforme une profanation en étape parfaitement normale d'une recette. AIPT décrit la même logique comme une variation macabre du cosy game traditionnel.

Graveyard Keeper 2 n'essaie donc pas vraiment de devenir plus respectable. Il devient plus confortable avec son mauvais goût.

Le doublage change beaucoup plus que prévu

GameSpew, Thumb Culture et Steam Deck HQ convergent particulièrement sur ce point : les dialogues entièrement doublés donnent au jeu une présence nouvelle. La première aventure reposait beaucoup plus directement sur ses boîtes de texte et son pixel art.

Les accents britanniques relevés par GameSpew renforcent le côté légèrement théâtral de certains personnages. Steam Deck HQ apprécie notamment Larry, un crâne sarcastique dont les échanges avec le Keeper apportent une respiration au milieu des systèmes de gestion.

Le changement paraît secondaire sur une fiche technique. À l'échelle de dizaines d'heures de quêtes, il est beaucoup moins anodin.

Le Keeper n'a pas passé huit années très paisibles

La suite reprend les conséquences du premier jeu et place son protagoniste dans un monde abîmé par ce qui s'est passé auparavant. Les zombies sont devenus une menace beaucoup plus concrète et la restauration de The Town sert désormais d'ossature à une partie importante de l'aventure.

Steam Deck HQ apprécie ce déplacement vers une histoire plus présente et le rôle que la menace zombie donne à l'idée même de sépulture correcte. Netto's Game Room salue également la façon dont la suite reprend le Keeper tout en expliquant la situation particulière dans laquelle il se retrouve.

Le scénario n'est cependant jamais séparé des corvées. Sauver le monde suppose souvent de fabriquer quelque chose avant de pouvoir parler à quelqu'un qui demandera autre chose.

Les vivants restent étrangement moins intéressants que les morts

Try Hard Guides adresse l'une des critiques les plus nettes au système social. Les PNJ servent principalement à avancer l'histoire, proposer des marchandises ou attribuer une tâche. Les relations personnelles ne constituent pas un pilier comparable à celui de nombreuses simulations de vie.

C'est un choix cohérent avec Graveyard Keeper. Le premier jeu s'intéressait déjà davantage à ce que le village pouvait fournir au Keeper qu'à la construction d'amitiés.

Mais le genre a beaucoup évolué depuis 2018. Lorsque les concurrents consacrent autant de soin aux habitants qu'à leurs systèmes économiques, cette absence paraît davantage visible.

L'humour reste une affaire de dosage

AIPT apprécie le nombre de gags et de quêtes absurdes tout en trouvant certaines blagues un peu appuyées. Shacknews se montre beaucoup plus sévère et estime que le ton ne suffit pas toujours à donner du sens à la montagne de tâches imposées au joueur.

Les critiques les plus positives lisent au contraire cette cruauté décontractée comme l'identité même de la série. Le fait qu'un corps puisse devenir simultanément un objet rituel, un stock de matériaux et un futur travailleur zombie est précisément la blague.

Elle dure désormais un jeu entier de plus.

Graveyard Keeper 2 reste surtout une comédie sur le travail

Derrière les cadavres et les crânes bavards, presque tous les systèmes parlent de production. Les habitants ont un problème ; le Keeper y voit une chaîne de fabrication. Une ville s'effondre ; elle devient un chantier. Des zombies apparaissent ; certains deviennent ennemis, d'autres employés.

Ce cynisme économique est probablement plus important pour l'identité de Graveyard Keeper que son cimetière lui-même.

La suite possède davantage de personnages et davantage de voix. Elle reste fascinée par les machines.