Le temps fonctionne mieux comme géographie

Last Epoch présente rapidement son grand outil narratif : l'Epoch permet de traverser différentes périodes d'Eterra. Une même région peut donc exister avant une catastrophe, sous un empire ou après sa destruction. Pour un action-RPG qui doit constamment renouveler ses environnements et ses monstres, l'idée est particulièrement pratique.

Elle est moins convaincante lorsqu'il faut raconter quelque chose. PC Gamer dit avoir décroché très tôt de l'intrigue ; IGN, malgré une appréciation beaucoup plus positive du jeu, qualifie également sa campagne de point faible. Le consensus critique est assez net sur ce terrain.

Les classes racontent mieux le personnage que les dialogues

La véritable caractérisation de Last Epoch apparaît dans le choix d'une maîtrise. Passer d'un Mage à un Runemaster ou d'une Rogue à une Falconer transforme la manière d'occuper l'écran, de lire les groupes d'ennemis et même de choisir son équipement.

Cette identité mécanique est suffisamment forte pour donner une personnalité à un personnage qui reste narrativement assez effacé. Le joueur se souvient plus facilement de la manière dont son build faisait exploser un groupe que de la conversation qui l'avait envoyé dans la zone.

Eterra change beaucoup, sans toujours devenir mémorable

Les différentes époques permettent au jeu de passer des ruines envahies par le Vide à des environnements plus lumineux, des civilisations anciennes ou des zones transformées par des puissances divines. La variété visuelle est réelle.

Elle manque parfois d'une direction artistique immédiatement identifiable. Plusieurs critiques favorables soulignent la richesse des environnements tout en notant que la production indépendante laisse apparaître des écarts de finition et de mise en scène.

L'endgame finit par mieux utiliser la prémisse

Le Monolith of Fate transforme les lignes temporelles alternatives en structure de progression. Ici, le concept de mondes divergents cesse d'être seulement un argument de scénario pour devenir une organisation concrète des activités, des modificateurs et des récompenses.

C'est probablement là que Last Epoch réussit le mieux à faire coïncider son univers et ses systèmes. Le récit principal peut se dissoudre assez vite dans la mémoire ; l'idée d'explorer encore une autre temporalité pour pousser un personnage plus loin reste beaucoup plus tenace.