Raccoon City est morte depuis presque trente ans et Resident Evil ne sait toujours pas vraiment quoi faire de son fantôme.

Requiem retourne dans ses ruines avec une idée plus intéressante que la simple nostalgie : confronter une nouvelle héroïne à un traumatisme qu'elle n'a pas vécu directement, pendant que Leon S. Kennedy revient dans un lieu qui définit toute sa vie adulte.

Grace permet enfin de regarder l'histoire de l'extérieur

Grace Ashcroft n'est ni soldate ni survivante devenue machine de guerre. Analyste du FBI, elle arrive avec une peur très visible et une histoire familiale reliée à Alyssa Ashcroft, personnage de Resident Evil Outbreak.

The Guardian apprécie beaucoup ce contraste entre nouvelle venue nerveuse et Leon complètement aguerri. Angela Sant'Albano donne à Grace une respiration, des hésitations et une fragilité suffisamment concrètes pour qu'elle n'apparaisse pas comme un simple dispositif narratif.

Leon porte trop d'histoire pour entrer discrètement

Chaque apparition de Leon transporte automatiquement Resident Evil 2, Resident Evil 4 et tout ce que la série a fait de lui depuis 1998.

PC Gamer trouve cette présence extrêmement réjouissante, notamment parce que Capcom assume complètement son statut d'icône d'action. The Guardian y voit également un plaisir de fan-service assumé.

Le problème apparaît lorsque le film intérieur de la franchise commence à prendre plus de place que Grace. TechRadar estime que la seconde moitié se charge progressivement de références, révélations et retours au passé au détriment du ton installé auparavant.

Raccoon City fonctionne mieux comme cicatrice que comme musée

Les meilleurs retours ne sont pas nécessairement les endroits immédiatement reconnaissables. Ce sont les moments où les ruines montrent ce que trente années d'absence ont fait à la ville.

Capcom utilise l'environnement comme un objet historique : bâtiments éventrés, traces d'anciens événements, lieux connus devenus presque abstraits. Le décor gagne lorsqu'il ressemble à quelque chose que le monde a tenté d'oublier.

L'histoire veut parler de transmission

Grace enquête sur une série de morts liée au lieu où sa mère a été assassinée. Leon, de son côté, représente la génération de survivants qui n'a jamais vraiment quitté la guerre biologique.

Cette symétrie fournit au jeu sa meilleure idée narrative. L'une hérite d'un passé qu'elle essaie de comprendre ; l'autre est incapable de cesser de le porter.

Victor Gideon rappelle que Resident Evil aime toujours ses monstres de théâtre

La série n'a jamais été une fiction réaliste, même lorsqu'elle essaie d'être sombre. PC Gamer salue précisément le retour de cette excentricité dans Requiem.

Victor Gideon et plusieurs séquences volontairement excessives empêchent le jeu de devenir un récit de trauma constamment solennel.

Ce mélange fonctionne mieux que la partie strictement mythologique du scénario, dont TechRadar et The Guardian soulignent les raccourcis et les ficelles parfois très visibles.

La nostalgie devient un poids dans le dernier tiers

Le problème de Requiem est presque ironique. Une histoire qui veut parler de ce qu'il faut laisser derrière soi finit par multiplier les raisons de regarder en arrière.

TechRadar considère cette contradiction comme la faiblesse principale du récit. GameSpot est moins sévère mais reconnaît que le jeu reste très dépendant de ses précédents succès.

Grace est la meilleure raison de continuer

Le nouveau personnage évite finalement à Requiem de devenir uniquement une célébration du trentième anniversaire. Sa peur, son évolution et son rapport à la mémoire donnent une direction que Leon seul n'aurait probablement pas pu fournir.

Le jeu conclut plusieurs choses. Il ne paraît pas encore prêt à vraiment enterrer Raccoon City.