Locked & Loaded est disponible depuis le 2 septembre 2026 et son changement le plus révélateur n'est peut-être pas une nouvelle arme. C'est la disparition du menu classique.

Entre deux parties, Bodycam place désormais le joueur dans un stand de tir persistant. Un tablet sert à gérer l'équipement, les paramètres et le matchmaking sans quitter complètement l'univers représenté à l'écran. Reissad prévoit même un mode plein écran pour préserver l'accessibilité lorsque cette mise en scène devient moins pratique.

L'interface devient un morceau du décor

C'est une manière assez logique de prolonger une idée qui faisait déjà toute l'identité de Bodycam. Le jeu cherchait depuis le départ à effacer les conventions visuelles habituelles du FPS : pas de viseur central traditionnel, pas de compteur de munitions accroché dans un coin et une caméra qui imite les défauts d'un appareil réel.

Le tablet pousse cette cohérence jusque dans une zone que beaucoup de jeux traitent comme purement fonctionnelle. Il ne la rend pas automatiquement meilleure. Reissad décrit d'ailleurs lui-même cette nouvelle interface comme un travail encore en cours.

La guerre contemporaine entre dans la grammaire du jeu

Locked & Loaded ajoute aussi des drones FPV et des véhicules RC. Leur présence dépasse le simple gadget de shooter : le drone FPV est devenu une image immédiatement reconnaissable des conflits contemporains, et Bodycam l'intègre à un jeu dont tout le langage visuel repose déjà sur la simulation d'images captées sur le terrain.

Le résultat peut mettre mal à l'aise, ce qui n'est pas vraiment nouveau pour Bodycam. Depuis sa révélation, son photoréalisme fonctionne précisément parce qu'il brouille pendant quelques secondes les réflexes avec lesquels on regarde une séquence de jeu et ceux que l'on applique à une vidéo réelle.

Trenches change de décor sans abandonner l'idée

La carte Trenches quitte une partie des petits intérieurs qui ont rendu le jeu viral. Elle alterne tranchées inondées ou sèches, galeries, forêt, ruines, postes d'observation et espaces ouverts. Le vocabulaire visuel reste militaire, mais la silhouette des combats change.

Le son a lui aussi été repris : propagation, réverbération calculée selon l'environnement, occlusion, perception verticale et claquements des projectiles doivent aider le joueur à lire l'espace sans rajouter une couche de HUD. Là encore, la technique est utilisée pour maintenir l'illusion plutôt que pour la décorer.

D'un projet de deux frères à un studio

Reissad accompagne la mise à jour d'un autre récit. Bodycam est né comme le projet de Luca et Léo avant que son succès ne permette de constituer une équipe plus large. Le studio explique avoir recruté de jeunes profils mais aussi des spécialistes techniques expérimentés afin de reconstruire des fondations devenues trop limitées.

Cette v0.8 devait initialement arriver plus tôt sous la forme d'une grosse mise à jour de printemps. Elle a été repoussée parce que l'équipe dit avoir choisi de reprendre des systèmes internes plutôt que d'empiler du contenu sur la version existante.

Bodycam demeure en accès anticipé et plusieurs pièces restent incomplètes. Mais sa transformation est devenue plus intéressante que le vieux concours de captures d'écran demandant si l'image est « un jeu ou une vraie vidéo ».