Netflix a publié le 22 septembre ses données mondiales pour la semaine du 14 au 20 septembre.

Monster: The Lizzie Borden Story occupe la première place du classement anglophone avec 12,1 millions de vues.

La saison n'était pourtant disponible que depuis le 17 septembre. Son premier classement correspond donc aux premiers jours d'exploitation des huit épisodes.

Monster reste une machine à démarrages rapides

Le chiffre place immédiatement cette quatrième histoire dans la continuité commerciale de la franchise.

Le volet précédent, Monster: The Ed Gein Story, avait enregistré 12,2 millions de vues sur ses trois premiers jours selon Netflix.

Les fenêtres de mesure ne sont pas strictement identiques, donc les deux nombres ne permettent pas de désigner proprement un meilleur lancement.

Ils montrent en revanche une stabilité remarquable autour de la marque Monster : changer totalement d'époque, de distribution et d'affaire criminelle ne semble pas obliger Netflix à reconstruire son audience depuis zéro.

Ella Beatty devient la première femme au centre de l'anthologie

Cette saison modifie surtout le profil de la figure principale.

Ella Beatty incarne Lizzie Borden, jeune femme de Fall River accusée en 1892 d'avoir tué son père Andrew et sa belle-mère Abby à coups de hache.

Borden a été jugée puis acquittée en 1893. Les meurtres n'ont jamais été définitivement élucidés et l'affaire est devenue l'un des mythes les plus persistants du crime américain.

Après trois saisons centrées sur des hommes, Beatty est la première interprète à porter Monster autour d'une suspecte féminine.

La série choisit une version très fictionnalisée du dossier

Ryan Murphy et Ian Brennan ne présentent pas leur récit comme une reconstitution judiciaire neutre.

Le scénario imagine Lizzie comme une jeune femme enfermée dans un foyer victorien humiliant et développe une relation intime avec la domestique Bridget Sullivan, dite Maggie, jouée par Vicky Krieps.

Cette relation amoureuse et l'implication criminelle que la série lui attribue ne sont pas établies historiquement.

Netflix reconnaît lui-même, dans son dossier consacré à l'histoire réelle, que la série conserve certains faits connus tout en inventant ou modifiant plusieurs éléments.

Le casting mélange nouveaux venus et habitués de l'univers Murphy

Ella Beatty est entourée de Vicky Krieps dans le rôle de Bridget Sullivan.

Charlie Hunnam joue Andrew Borden et revient immédiatement après avoir incarné Ed Gein dans la saison précédente. Rebecca Hall interprète Abby Borden, Billie Lourd est Emma Borden et Jessica Barden joue l'actrice Nance O'Neil.

Sarah Paulson apparaît également sous les traits d'Aileen Wuornos.

La série établit un parallèle thématique entre Borden et Wuornos autour de la manière dont la culture américaine transforme certaines femmes accusées de violence en figures presque mythologiques. Aucun lien historique de ce type entre les deux femmes n'est documenté.

Lizzie Borden permet à Monster de remonter beaucoup plus loin dans le temps

La première saison consacrée à Jeffrey Dahmer se déroulait principalement dans la seconde moitié du XXe siècle. Les Menendez et Ed Gein restaient eux aussi relativement proches de l'Amérique contemporaine.

Lizzie Borden ramène l'anthologie jusqu'aux années 1890, avec costumes victoriens, structures familiales différentes et une affaire devenue célèbre bien avant la télévision ou les réseaux sociaux.

Cette distance historique change l'apparence de la série sans modifier sa question industrielle essentielle : un nom criminel suffisamment connu peut-il servir de nouvelle porte d'entrée pour la même marque ?

Le démarrage à 12,1 millions de vues donne déjà une première réponse.

Le succès repose aussi sur un crime devenu folklore

L'affaire Borden possède un avantage particulier : elle a depuis longtemps dépassé le cadre judiciaire.

Lizzie Borden est devenue personnage de chansons, de comptines, de livres, de films, de téléfilms et de récits populaires contradictoires.

Son acquittement laisse également au scénario un espace que l'affaire Dahmer ne possédait pas. La culpabilité de Borden n'a jamais été établie par un verdict et les hypothèses sur l'identité du meurtrier continuent d'alimenter historiens et amateurs de true crime.

Monster utilise cette incertitude pour construire sa propre version plutôt que pour annoncer qu'il résout l'affaire.

Netflix possède désormais quatre saisons capables de fonctionner presque indépendamment

L'anthologie a progressivement transformé son titre en marque plus importante que ses personnages.

DAHMER — Monster: The Jeffrey Dahmer Story reste l'un des plus grands succès historiques de Netflix et figure toujours dans son Top 10 anglophone de tous les temps.

Les saisons Menendez et Ed Gein ont ensuite démontré que le public pouvait revenir sans Evan Peters ni continuité narrative.

Lizzie Borden pousse encore le principe : nouvelle époque, première protagoniste féminine et esthétique différente, mais le même emplacement éditorial dans le catalogue Netflix.

12,1 millions de vues ne disent pas encore jusqu'où ira la saison

Un numéro 1 de première semaine mesure un démarrage, pas la durée de vie complète d'une série.

Les prochaines données permettront de voir si Lizzie Borden conserve son audience, progresse grâce au bouche-à-oreille ou chute après la curiosité initiale.

Pour l'instant, Netflix peut au moins constater que le passage à une affaire vieille de plus de 130 ans n'a pas cassé la mécanique.

Monster: The Lizzie Borden Story est disponible en huit épisodes depuis le 17 septembre 2026.