Le professeur Saquedeneu vit seul au milieu des ruines.
Ce n'est pas exactement l'image que Pokémon utilisait en 1996 pour vendre l'idée d'un monde où les enfants peuvent tranquillement partir à l'aventure. Dans Pokopia, les humains ont disparu. Les Centres Pokémon sont abandonnés, les routes se sont effondrées et la nature reprend ce qu'une civilisation avait construit.
Le personnage chargé de remettre de l'ordre est un Métamorph qui a pris une forme humaine.
Être un Pokémon change énormément le regard
GameSpot rapproche à raison ce choix de Pokémon Mystery Dungeon. Métamorph n'est pas un Dresseur observant les Pokémon de l'extérieur. Les autres créatures lui parlent comme à l'une des leurs et l'appellent naturellement Métamorph.
Cela change la relation fondamentale de la série. Il ne capture personne. Il demande, écoute, aménage et finit par vivre avec les habitants qu'il attire.
Le post-apocalypse a étrangement choisi les fleurs
La situation de départ est sombre sans que Pokopia se transforme en récit sinistre. Les ruines humaines sont rapidement recouvertes de jardins, d'habitats et de constructions colorées. L'humour des Pokémon désamorce régulièrement ce qui pourrait autrement devenir très mélancolique.
GameSpot souligne notamment la personnalité donnée à plusieurs personnages nommés. Ronflex Moussu a dormi suffisamment longtemps pour se couvrir de végétation. Peakychu est un Pikachu épuisé qui a perdu une partie de ses capacités électriques. D'autres Pokémon parlent comme des sportifs, des artistes ou des voisins un peu excentriques.
La nostalgie ne remet pas simplement Kanto en vitrine
Nintendo Life a consacré un texte entier à ce point après la sortie. Plusieurs lieux familiers ressemblent à des versions détruites de Kanto : infrastructures, routes et bâtiments existent encore, mais comme des traces archéologiques.
La référence fonctionne donc autrement qu'un simple clin d'œil. Le joueur reconnaît quelque chose qu'il doit réparer.
Un Squirtle peut décider de déménager
GameSpot ouvre sa critique sur une anecdote révélatrice : un Carapuce invité à vivre avec le personnage principal finit par annoncer qu'il souhaite partir. Les routines sont évidemment simples, mais l'illusion de communauté fonctionne parce que les Pokémon ne restent pas constamment figés dans leur fonction de récompense.
Ils dorment, mangent, parlent, demandent des choses et apparaissent parfois simplement dans le décor. Le critique raconte notamment avoir voulu photographier un Salamèche endormi et découvert un Carapuce reniflant tranquillement des fleurs en arrière-plan.
Le monde possède une vraie histoire sous le bac à sable
Les souterrains, bunkers, ruines et anciens enregistrements humains donnent progressivement de la consistance au mystère de la disparition. IGN décrit lui aussi un univers étonnamment profond pour un jeu dont la surface promet surtout de poser de jolis meubles.
Pokopia peut rester parfaitement accueillant pour quelqu'un qui préfère aménager son jardin. Sa fiction récompense davantage celui qui commence à se demander pourquoi ce jardin pousse sur les restes d'une civilisation.
Pokémon parle enfin de cohabitation sans Dresseur
Depuis trente ans, la licence affirme régulièrement que les humains et les Pokémon vivent ensemble. Ses jeux principaux parlent pourtant surtout du lien entre un Dresseur et une équipe.
Pokopia s'intéresse à l'autre échelle : maisons, quartiers, nourriture, travail, environnement et voisins. La différence paraît minuscule sur une boîte de jeu. Culturellement, c'est probablement l'un des spin-offs qui prend le plus au sérieux cette vieille promesse de la franchise.