Raison et Sentiments

Raison et Sentiments

Nouvelle adaptation du roman de Jane Austen réalisée par Georgia Oakley et écrite par Diana Reid, centrée sur Elinor et Marianne Dashwood après la perte de leur fortune et de leur foyer.

Réalisateur·rice
Georgia Oakley
Studio
Focus Features, Working Title Films, November Pictures, Kiddo Films
Distribution
Focus Features, Universal Pictures International
Sortie
Durée
2h 12m
Genres
Drama, Romance

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Raison et sentiments revient au cinéma : cette fois, les sœurs Dashwood passent avant leurs prétendants

Adapter Raison et sentiments en 2026 oblige à vivre avec un invité invisible dans la pièce : le film d'Ang Lee et Emma Thompson de 1995. Georgia Oakley choisit donc de ne pas simplement refaire le duel entre une Elinor raisonnable et une Marianne passionnée. Sa version, en salles françaises le 23 septembre, préfère regarder deux sœurs qui se trompent chacune à leur manière et apprennent l'une de l'autre.

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Raison et Sentiments change de priorité : cette fois, les sœurs Dashwood passent avant leurs prétendants

Raison et Sentiments a beau être rempli de prétendants, de promesses contrariées et de mariages capables de décider d'un avenir financier, Georgia Oakley veut remettre une autre histoire au premier plan : celle de deux sœurs. Après sa première londonienne, cette nouvelle adaptation de Jane Austen revendique une Elinor et une Marianne moins enfermées dans l'opposition entre raison et passion.

Notre critique

Raison et sentiments : Jane Austen retrouve la boue, le vent et le désir

Par Clarel

Cette nouvelle adaptation justifie son existence lorsqu'elle cesse de regarder vers 1995 et laisse Georgia Oakley imposer sa propre matière : lumière naturelle, pellicule 35 mm, campagne rugueuse et personnages dont les sentiments semblent contaminer le paysage. Daisy Edgar-Jones excelle dans la retenue d'Elinor tandis qu'Esmé Creed-Miles donne à Marianne une énergie presque sauvage. Fiona Shaw récupère une bonne partie de l'humour laissé de côté par une mise en scène plus mélancolique que pétillante. Tout ne fonctionne pas avec la même évidence : Londres paraît soudain plus conventionnelle, certains prétendants manquent de présence et la gravité générale réduit parfois la délicieuse cruauté sociale d'Austen. Mais Georgia Oakley signe suffisamment de très beaux plans et trouve assez de vérité dans la relation entre les deux sœurs pour éviter le simple remake patrimonial.

LES PLUS

Daisy Edgar-Jones rend la retenue d'Elinor véritablement douloureuse
Esmé Creed-Miles donne à Marianne une présence physique et imprévisible
Une photographie en 35 mm superbe, particulièrement forte dans les paysages du Devon

LES MOINS

Une tonalité parfois trop morose pour laisser respirer tout l'humour d'Austen
La partie londonienne paraît plus conventionnelle visuellement