Daisy Edgar-Jones est Elinor Dashwood. Esmé Creed-Miles incarne Marianne. À elles deux, elles portent la nouvelle adaptation de Sense and Sensibility réalisée par Georgia Oakley sur un scénario de Diana Reid.
Le film sort en France le mercredi 23 septembre et dure 2 h 12. Il arrivera ensuite au Royaume-Uni le 25 septembre, tandis que Focus Features le lancera aux États-Unis le 16 octobre.
L'histoire reste celle du premier roman publié de Jane Austen : après la mort de Mr. Dashwood, sa veuve et ses trois filles perdent Norland Park au profit de John, fils issu d'un précédent mariage, et doivent reconstruire leur vie avec beaucoup moins d'argent.
Elinor n'est pas simplement « la raisonnable »
Le titre d'Austen rend la tentation presque automatique. Elinor représenterait la raison, Marianne le sentiment, puis chacune passerait deux heures à démontrer les dangers de son extrême.
Oakley refuse une séparation aussi propre. La réalisatrice décrit la relation comme symbiotique : les deux sœurs ont besoin l'une de l'autre et évoluent par contact plutôt qu'en suivant un parcours où l'une posséderait dès le départ la bonne manière de vivre.
Elinor reste contenue, attentive aux conséquences et beaucoup moins libre d'exprimer ce qu'elle ressent. Mais cette retenue n'est pas présentée comme une victoire permanente sur Marianne. Elle peut aussi devenir une façon de s'effacer.
Marianne, de son côté, n'est pas seulement la sœur trop romantique qu'il faudrait corriger. Son intensité donne à Elinor quelque chose qu'elle n'a pas : la permission de vouloir ouvertement.
La relation entre les sœurs devient le vrai fil rouge
Daisy Edgar-Jones et Esmé Creed-Miles ont beaucoup insisté sur cet aspect pendant la présentation du film. La romance existe évidemment toujours, mais Oakley place le lien entre Elinor et Marianne au même niveau que leurs histoires sentimentales.
Bodhi Rae Breathnach incarne leur jeune sœur Margaret et Caitríona Balfe joue Mrs. Dashwood. L'idée est de donner au quatuor une dynamique familiale avant même que les hommes ne viennent compliquer le tableau.
Cette approche correspond aussi à la situation matérielle de l'histoire. Les Dashwood ne vivent pas uniquement des déceptions amoureuses : elles perdent leur maison, leur statut et une grande partie de leur sécurité financière.
George MacKay et Frank Dillane récupèrent deux rôles très surveillés
George MacKay joue Edward Ferrars, l'homme dont Elinor tombe amoureuse avant que leur relation ne se heurte à la famille, à l'argent et à des engagements qu'elle ignore.
Frank Dillane incarne John Willoughby, beaucoup plus flamboyant et immédiatement compatible avec la sensibilité de Marianne.
Herbert Nordrum reprend Colonel Brandon, rôle durablement associé à Alan Rickman pour une partie du public. Fiona Shaw joue Mrs. Jennings, tandis qu'Eliot Sumner figure également dans la distribution.
Chaque adaptation d'Austen hérite de précédents très identifiés. Ici, le casting doit donc exister face à des interprétations qui ont eu trente ans pour s'installer.
Même les costumes refusent le Regency trop propre
La costumière Grace Snell a travaillé dans la même direction que Georgia Oakley : rendre cette époque tangible plutôt que parfaitement décorative.
Les vêtements utilisent des silhouettes relativement simples, des couleurs plus sourdes et, dans certains cas, des tissus anciens. Les garde-robes changent aussi avec la situation des Dashwood : le deuil, le départ vers le Devon puis Londres ne produisent pas la même texture visuelle.
L'objectif est de rappeler que ces robes sont des vêtements portés quotidiennement, partagés et réutilisés, pas uniquement des costumes destinés à signaler « Jane Austen » au spectateur.
Le film de 1995 reste impossible à ignorer
Ang Lee avait réalisé en 1995 l'adaptation scénarisée par Emma Thompson, qui jouait également Elinor face à Kate Winslet. Le film avait remporté l'Oscar du meilleur scénario adapté et reste l'une des versions cinématographiques de Jane Austen les plus connues.
Focus Features et Working Title connaissent d'ailleurs très bien ce territoire : les deux sociétés avaient déjà porté Pride & Prejudice de Joe Wright en 2005 puis Emma. en 2020.
Oakley ne peut donc pas compter sur la simple nouveauté du récit. Son véritable argument est la perspective : moins demander laquelle des deux sœurs a raison que montrer pourquoi aucune ne peut vraiment grandir sans l'autre.
Raison et sentiments sort dans les salles françaises le 23 septembre 2026.